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Pourquoi Ford se sépare de son PDG Mark Fields

Mark Fields a été nommé PDG de Ford en 2014. (image d'illustration)

Mark Fields a été nommé PDG de Ford en 2014. (image d'illustration) - Scott Olson - Getty Images North America - AFP

Face à la chute des ventes et du cours de son action, Ford a annoncé le départ de Mark Fields, son actuel PDG. Choisi en interne, Jim Hackett lui succède avec pour mission "d'accélérer le virage stratégique" entrepris par la marque à l'ovale bleu.

Après avoir passé 28 ans chez Ford, Mark Fields, l'actuel PDG du constructeur de Dearborn (Michigan) vient d'être remercié. Alors que Ford pâtit du ralentissement des marchés automobiles américain et chinois, le président exécutif du groupe, Bill Ford Junior (héritier de la famille fondatrice) et les membres du conseil d'administration ont décidé de renouveler une grande partie de l'équipe de direction. 

Dans un communiqué, la marque à l'ovale bleu indique que Jim Hackett, embauché il y a tout juste un an comme responsable de la division des véhicules autonomes, succède à Mark Fields au poste de PDG. 

"Nous partons d'une position de force pour transformer Ford pour l'avenir", affirme Bill Ford dans ce document. L'héritier de la famille Ford précise que "Jim Hackett est la bonne personne pour diriger Ford pendant cette transformation de l'industrie automobile et de la mobilité en général", qualifiant le nouveau PDG de "visionnaire".

Jim Farley, un ancien de Toyota, actuellement à la tête de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique est propulsé numéro 2 avec le titre de président. Il a notamment permis à Ford de renouer avec la rentabilité sur le marché européen alors que le premier constructeur américain General Motors, a lui choisi de s'en retirer en vendant sa filiale Opel/Vauxhall au français PSA. 

Les bénéfices du groupe ont plongé de 38% en 2016

Ces changements arrivent au moment où Ford traverse une passe difficile. L'action a perdu plus d'un tiers de sa valeur en trois ans et s'est même fait supplanter en avril par le constructeur de véhicules électriques Tesla en termes de capitalisation boursière. 

Comme ses concurrents américains, Ford traverse son premier trou d'air depuis 2009, après plusieurs années de ventes record. Les bénéfices du groupe ont plongé de 38% en 2016, une tendance qui s'est confirmée au premier trimestre, alors que ses coûts ont explosé. Résultat: le groupe a récemment annoncé la suppression de 1.400 emplois en Amérique du Nord et en Asie pour améliorer sa rentabilité.

Nommé à la tête de Ford en 2014, Mark Fields souhaitait transformer la marque à l'ovale bleu en groupe spécialisé dans les services de mobilité dans l'espoir de contenir l'offensive de la Silicon Valley dans l'automobile. Une course contre la montre opposant actuellement les constructeurs automobiles traditionnels (General Motors, Ford, Volkswagen...) contre Alphabet (Waymo), Apple, Uber et Tesla pour développer et commercialiser la voiture autonome d'ici 2020.

Malgré les nombreux investissements effectués par Mark Fields, les investisseurs préfèrent parier par exemple sur Tesla, qui a la technologie dans son ADN. Au cours de sa carrière au sein de Ford, Mark Fields a notamment dirigé les activités du groupe en Amérique du nord et a restructuré les opérations européennes ainsi que le constructeur Mazda dont Ford détenait une participation importante. 

Antonin Moriscot avec AFP