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Pourquoi DCNS est devenu Naval Group

Hervé Guillou n'est pas contre un rapprochement avec Fincantieri

Hervé Guillou n'est pas contre un rapprochement avec Fincantieri - BFM Business

Invité de BFM Business ce jeudi, Hervé Guillou, PDG de Naval Group, a indiqué que le changement de nom de DCNS avait pour objectif d'envoyer un double message à ses partenaires internationaux et à ses futures recrues.

Ne dites plus DCNS mais Naval Group. Le géant tricolore de la construction navale militaire a en effet annoncé mercredi qu'il changeait de nom et de logo.

"Moi j'en avais marre de me faire appeler le président de la direction de la construction navale et des services. Quand nos personnels essayaient d'expliquer à leur entourage ou à leurs clients ce qu'ils faisaient cela ne venait jamais naturellement et renvoyait à des images vieillottes des arsenaux qui n'ont rien à voir avec ce que nous sommes maintenant", explique Hervé Guillou, le PDG du groupe invité de BFM Business ce jeudi.

Pour lui, ce changement de nom doit permettre d'envoyer "un double message".

"Un message à nos partenaires internationaux pour être compris, pour montrer que nous ne sommes plus l'administration mais une véritable entreprise tournée vers l'international" ainsi qu'un message "vers les 900 jeunes que nous allons embaucher cette année, pour les attirer et leur montrer en un seul mot (sic) ce trait d'union entre le passé et notre avenir et leur montrer qu'ils rentrent dans une famille", développe-t-il.

La bataille de l'export

Une famille, celle de la construction navale qui "porte un nombre considérable d'avancées technologiques". Ce d'autant plus que Naval Group regroupe pas moins de 400 compétences avec outre les métiers traditionnels, de l'électronique, de l'informatique ou encore de la CAO 3D. "Et demain il en faudra encore 50 nouvelles, notamment dans la cybersécurité", assure Hervé Guillou.

Mais pour maintenir ces 400 compétences entre deux programmes de modernisation de la flotte de la marine française, Naval Group doit conquérir des marchés à l'export. Or la bataille est de plus en plus rude.

"Nous avons de nouveaux concurrents qui sont russes, chinois, coréens, japonais et le vrai sujet c'est de savoir ce que vont faire les Européens pour arriver à faire face à ces nouveaux entrants, à trouver l'effet de taille. C'est vrai dans le transport terrestre et dans le nucléaire et cela doit être vrai dans la construction navale".

En ce sens, Hervé Guillou ne serait pas contre une collaboration plus étroite avec Fincantieri, la société de construction navale italienne qui a racheté 48% de STX, c'est-à-dire les chantiers navals de Saint-Nazaire (dans lesquels DCNS a aussi 12%). "Nous nous plaisons et il n'y pas 150 partenaires potentiels", conclut-il.

J.M.