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Pour Janaillac, l’État devrait sortir d’Air France

Jean-Marc Janaillac a démissionné après avoir été désavoué lors d'un référendum interne.

Jean-Marc Janaillac a démissionné après avoir été désavoué lors d'un référendum interne. - Eric Piermont - AFP

"La participation de l'État donne un sentiment d'invulnérabilité et d'éternité à un certain nombre de salariés", selon l'ex-patron de la compagnie.

Dans un entretien a L’Obs, le désormais ex-président d’Air France Jean-Marc Janaillac est revenu sur sa démission.

“J’ai de la tristesse et de la déception, mais ni colère ni amertume”, a indiqué le dirigeant, qui regrette de ne pas avoir "réussi la transformation" qu’il espérait.

Air France a bien enclenché sa transformation, mais pas assez rapidement selon lui. Il a notamment regretté que "la refondation du management et des relations sociales" ne se soit pas faite "assez vite", à cause d’"un manque de confiance interne", d’un "dialogue bloqué".

"Nous étions dans une impasse"

Il s'est en revanche félicité de la naissance de Joon, la nouvelle compagnie low cost du groupe, de de la réduction de la dette, du renforcement des alliances avec Delta Airlines et China Eastern, ou de la montée à l’actionnariat de Virgin Atlantic.

Concernant la place de l'État au sein du capital d'Air France (14,6%), Jean-Marc Janaillac l'a jugée "dommageable". "J'ai réalisé que la participation de l'État donne un sentiment d'invulnérabilité et d'éternité à un certain nombre de salariés", a-t-il expliqué, rappelant que certaines compagnies comme “Sabena et Swissair ont bien été rayées de la carte”.

Interrogé par France 2 sur le référendum interne qui a précipité son départ, le dirigeant a assuré qu’il ne le regrettait pas. "Nous étions dans une impasse", a-t-il déclaré, assurant que son initiative ne s’était pas faite "contre les syndicats".

A.K., avec Y.D.