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Pollution: les bons et les mauvais élèves de la commission Royal

Quasiment toutes les marques ont échoué à au moins un test

Quasiment toutes les marques ont échoué à au moins un test - Fred Tanneau - AFP

"Les Échos dévoilent les résultats des tests menés par la commission mise en place par le ministère de l'Environnement à la suite du scandale Volkswagen et portant sur 52 véhicules. Renault s'en sort assez mal tandis que PSA limite la casse."

Alors qu'elle avait jusque-là preuve d'une transparence pour le moins limitée, la Commission Royal livre enfin ses résultats. Par voie de presse, en fait, puisque ce sont les Échos qui révèlent ce jeudi le détail des tests menés par cette commission.

Pour rappel, cette dernière avait été mise en place par le ministère de l'Écologie à la suite du scandale Volkswagen pour détecter les véhicules pouvant présenter un logiciel truqueur sur les émissions polluantes, comme cela avait été le cas pour le groupe allemand.

Des tests de pollution en laboratoire et sur route ont ainsi été effectués, en comparant avec les normes européennes en matière de rejet des différentes particules (Co2 et dioxyde d'azote en l'occurrence). Au final, sur les 52 véhicules testés, aucun n'a présenté ce type d'équipement.

Renault s'en tire moins bien que PSA

En revanche, comme l'expliquent les Échos, la quasi-totalité des marques ont dépassé les plafonds fixés par la commission sur au moins un des trois tests menés.

Et selon le quotidien économique, Renault n'a pas à bomber le torse. 11 de ses 13 véhicules testés par la commission (Laguna, Kangoo, Captur, Espace, Kadjar, Clio, etc…) dépassent ainsi de près de 5 fois les normes d'émission (le seuil qui a attiré l'attention de la commission) sur les tests sur route. Les résultats ne sont pas beaucoup plus brillants sur les deux tests en laboratoire. 7 véhicules sur 13 échouent, par exemple, au premier test, c’est-à-dire qu'ils dépassent de 10% les normes d'émissions retenues.

Les Échos rappellent que Renault paie ses choix technologiques, notamment sur les émissions de dioxyde d'azote. Au contraire de son concurrent PSA, le groupe n'a pas opté pour le système SCR (Selective Catatytic Reduction) plus performant, mais aussi plus cher que la technologie plus ancienne retenue par Renault, le NOxTrap. La marque au losange a d'ailleurs promis "un plan technique" en janvier pour rectifier le tir et compte également investir 50 millions d'euros pour améliorer ses performances en matière d'émission.

Toyota, le bon élève

Il est vrai que les résultats sont meilleurs du côté de PSA. La direction du groupe les avait d'ailleurs déjà communiqués la semaine dernière à la suite de la perquisition de la DGCCRF. On savait ainsi que 4 véhicules avaient dépassé les seuils de la commission. Dans le détail, trois modèles Euro5 (C3, C4 et Picasso) présentent des résultats anormaux en laboratoire tandis que la Peugeot 508, de la nouvelle norme européenne Euro 6, présente un écart de rejet de Co2 jugé trop important de 46% entre ses émissions en laboratoire et sur route.

Du côté des constructeurs étrangers, Les Échos relèvent que Ford, Mercedes, Opel et Jeep sont notamment pointés du doigt. À l'inverse Toyota, dont deux voitures ont été testées (la Corola et la Yaris), s'en sort sans aucune anomalie.

J.M.