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Plan Montebourg: l’Etat mise sur les véhicules hybrides et électriques

Arnaud Montebourg a dévoilé ce mercredi les détails de son plan d'aide au secteur automobile.

Arnaud Montebourg a dévoilé ce mercredi les détails de son plan d'aide au secteur automobile. - -

Le gouvernement a dévoilé, ce mercredi 25 juillet, son plan de soutien à la filière automobile. L’Etat va augmenter les bonus à destination des "véhicules propres" et faciliter le financement des différents acteurs du secteur.

Le gouvernement "a choisi l’offensive", tels sont les mots du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Ce mercredi 25 juillet, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a dévoilé en conseil des ministres son plan destiné à revigorer l’ensemble de la filière automobile. Voici les principales mesures.

Favoriser les véhicules propres en augmentant le bonus écologique

C'est la mesure phare du plan qui vise explicitement les véhicules propres, ceux des constructeurs français en particulier. Le bonus écologique passe de 5000 à 7000 euros pour l'achat d'une voiture électrique, et de 2000 à 4000 euros pour l'acquisition d'un hybride. Les "véhicules thermiques faiblement polluants" ne sont pas oubliés. Leur bonus sera augmenté de 100 ou 150 euros selon les cas.

L’augmentation des bonus coûtera 490 millions d’euros à l’Etat en 2013. Pour compenser, le ministre du Redressement productif a indiqué que, pour les véhicules très polluants, les malus augmenteraient à partir de 2013. La hausse des bonus, elle, est effective dès aujourd’hui.

Il est aussi prévu d'augmenter le nombre de bornes de recharges électriques pour faciliter l'utilisation de ces véhicules. Le gouvernement va également mettre la main à la pâte: Arnaud Montebourg a précisé que 25% des nouveaux véhicules achetés par l’Etat seront hybrides ou électriques, soit 11 000 automobiles. Le surcoût sera de 5 millions d’euros pour les finances publiques.

Des facilités de crédits octroyées à la production

Outre les constructeurs, l’exécutif compte soutenir l’ensemble des acteurs de la chaîne de production: équipementiers et sous-traitants font face à une chute importante des ventes en Europe.

120 millions vont être mis à disposition pour la réindustrialisation des PME qui créent ou maintiennent de l’emploi. Un fonds de 50 millions d’euros va également voir le jour. Cette somme devra permettre la mutualisation de certaines activités de la filière pour lui permettre de gagner en compétitivité.

Enfin, le gouvernement compte réorienter certains investissements déjà prévus vers de nouveaux axes. En priorité, la recherche et développement et la modernisation des infrastructures des sous-traitants.

Des aides sous conditions

Ce n’est pas une surprise: Arnaud Montebourg avait clairement dit que ce plan de soutien ne se ferait pas sans contreparties. L’Etat met ainsi deux conditions à l’augmentation de ces bonus: le maintien "des prix des constructeurs automobiles" et la "localisation de la production de ces véhicules en France".

Plus globalement, le gouvernement réclame la "pérennisation des sites de production" en échange de son aide au secteur.

Le gouvernement pourrait préciser encore davantage ses exigences lorsque l’expert qu’il a mandaté aura rendu son rapport sur PSA. Le constructeur français a prévu de supprimer 8000 postes en France et de fermer l’usine d’Aulnay. 

Mathieu Sevin et AFP