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Nouveaux TER trop larges: qui va payer les travaux?

Les nouvelles rames de TER sont trop larges pour passer dans les gares les plus anciennes.

Les nouvelles rames de TER sont trop larges pour passer dans les gares les plus anciennes. - -

La SNCF va devoir raboter 1.300 quais afin qu'ils soient en mesure d'accueillir les 2.000 nouvelles rames de TER, plus larges que les précédentes. Des travaux que RFF estime à 50 millions d'euros, mais qui n'auront aucun impact sur le prix des billets, a assuré ce 21 mai le président de l'entreprise.

Deux centimètres de trop qui vont coûter cher. La SNCF a commandé près de 2.000 rames pour ses futurs trains express régionaux (TER). Plus larges que les modèles précédents, ces nouvelles voitures ne passent pas dans les gares les plus anciennes. Au total, il va falloir raboter 1.300 quais, parfois de plusieurs centimètres, ou procéder au déplacement de certaines infrastructures.

Réseaux ferré de France (RFF), le propriétaire du réseau, estime la facture à 50 millions d'euros. Alors quand il s'agit de savoir qui va devoir payer, chacun se renvoie la responsabilité.

Est-ce à la SNCF, qui a donné un mauvais cahier des charges aux constructeurs pour ses nouveaux TER ? Ou bien Réseau Ferré de France, propriétaire des voies, qui a fourni des mesures erronées à la SNCF ?

RFF assure qu'il a un bugdet suffisant pour gérer cette mauvaise surprise. "Ces travaux-là sont financés comme tous les autres travaux, on a une tarification qui fait participer tous les utilisateurs du réseau, à travers des péages, de quai, à travers ce que l'on appelle des redevances de gare. C'est ce qui nous permet de financer 4 milliards d'euros par an. Donc ces travaux rentrent dans l'enveloppe", assure Christophe Piednoel, porte-parole de RFF.

Jacques Rapoport, président de RFF, a assuré sur Europe1 ce 21 mai, que "il n'y aura, et je m'en porte totalement garant, aucun impact sur le prix du billet". Et d'insister "Ca n'aura aucun impact ni sur les voyageurs, ni sur les prix du billet, ni sur les contribuables".

Les régions ne veulent pas payer

Sauf que la facture pourrait être plus lourde, le "Canard enchaîné", qui a révélé l'affaire, table lui sur 100 millions d'euros.

Les régions, qui financent les TER, craignent de devoir payer la différence. Une nouvelle qui a d'autant plus de mal à passer, que l'Association des Régions de France (ARF) mène déjà un bras de fer avec la SNCF. Certaines régions ont décidé de suspendre le paiement des subventions. Elles dénoncent l'augmentation exorbitante (90% sur les 10 dernières années) de la facture présentée par le transporteur ferroviaire quand, dans le même temps, la qualité de service s'est dégradée.

Alain Rouysset, président de l'ARF, a exclu toute participation des régions. "Nous refusons de verser un seul centime sur cette réparation. On ne va pas, quand même, être à la fois pigeons et financeurs", a-t-il dit déclaré, avant un rendez-vous à l'Elysée avec François Hollande.

En effet, l'une des régions les plus touchées par les quais à réaménager est la région Midi-Pyrénées. Or elle vient tout juste de débourser 500 millions d'euros pour moderniser son réseau TER.

C.C.(texte) et Timothée Leblanc et Kelly Laffin (vidéo)