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Nouveau permis de conduire : qu’en pensez-vous ?

Le nouveau permis de conduire... déjà un échec ?

Le nouveau permis de conduire... déjà un échec ? - -

Annoncé moins long, moins cher et plus sûr, par le gouvernement, le nouveau permis de conduire entre en vigueur ce lundi dans toute la France. Avis mitigés côté professionnels. Donnez votre avis !

Mise en place progressivement depuis le 8 mars, la réforme du permis de conduire devient nationale à partir de ce lundi 3 mai. L'objectif du gouvernement est de rendre son passage moins long, moins cher et plus sûr. Plusieurs départements ont déjà appliqué la réforme et les résultats ne sont pas vraiment concluants...

Un taux de réussite en baisse

Pas de statistique officielle pour le moment, mais localement les directeurs d'auto-écoles ou les inspecteurs de conduite ne constatent pas de grand changement avec cette réforme. Pire, certains déplorent un taux de réussite de leurs candidats en baisse. C’est le cas de Pascaline Maizière, directrice de l'auto-école des Chatillons à Reims (Marne) : « en mars, on est à 50%, alors qu’avant on arrivait à 60-70%. Et mon listing d’élèves en attente augmente. » Une baisse qui pourrait s’atténuer avec le temps, chacun s'habituant à la nouvelle notation. Mais Pascaline déplore tout de même un certain excès du côté des points attribués ou retirés : « Toute faute commise enlève des points : deux sont par exemple à gagner lorsqu’on s’installe au poste de conduite, ou à perdre si par malheur vous avez oublié de régler un appui-tête. »

Un temps d’attente qui ne pourra diminuer, souligne Michel Schipman vice-président du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), que « si on embauche des inspecteurs ».

Un point bonus pour une conduite "courtoise" et "économique"

Fini les questions "un peu piège, ringardes, obsolètes, ambiguës", lors de l'examen du code, elles sont supprimées ou reformulées. Et l'examen pratique se transforme en un bilan de compétences, où l'examinateur discute avec le candidat de ses forces et faiblesses. Le candidat, après avoir évolué en autonomie pendant 5 minutes, peut notamment décrocher un point supplémentaire avec une conduite courtoise et économique. Des termes difficiles à définir, précise Michel Schipman : « Comment l’inspecteur va juger de cela ? Certaines auto-écoles, qui ont commencé à sensibiliser leurs élèves à l’éco-conduite, s’inquiètent de savoir si ce qu’ils leur enseignent ne va pas porter préjudice aux candidats lors de l’examen, tant la conduite écologique, économique est apaisée, et non dynamique. »

Un « candidat plus décontracté » ?

Attention donc au message envoyé aux futurs candidats : l'examen ne sera pas plus facile à décrocher. « Il n’y a pas de révolution », lance Christian Grollier, secrétaire général du syndicat FO des inspecteurs du permis de conduire, qui rappelle que « chaque infraction grave au code de la route – stop, refus de priorité, feu rouge… » vaudra toujours un échec au permis. Seul changement possible, selon lui : un « candidat plus décontracté... »

« Maintenant, un élève moyen ne s’en sort pas »

Les directeurs d'auto-école s'avouent donc désemparés face à un nouveau barème qu'ils subissent, incapables de connaître l'issue de l'épreuve. Sans faire de faute éliminatoire, certains candidats n'obtiennent pas le papier rose car ils ne cumulent pas les 20 points nécessaires. « Avant, l’élève moyen arrivait à obtenir le permis, raconte Pascaline Maizière. Puisqu’il ne faisait pas de faute éliminatoire ou de sécurité. Alors que maintenant, un élève moyen ne s’en sort pas, parce qu’il a en dessous de 20 points, donc il n’a pas le permis. »

En fait, il n'y a pas de miracle à attendre de cette réforme, le niveau d'exigence est maintenu et si l'examen semble peut-être plus adapté aujourd'hui, il n'est pas plus facile à obtenir...

La Rédaction, avec Aurélia Manoli