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Nouveau permis de conduire : les pistes

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Les syndicats de professionnels de la conduite ont remis leurs propositions à Dominique Bussereau, pour une réforme du permis qui entrerait en vigueur début 2009.

C'est ce mardi que les professionnels de la conduite, syndicats des auto-écoles et inspecteurs du permis de conduire, remettent leurs propositions finales au ministère des Transports sur la réforme du permis de conduire. Les discussions entre syndicats d'inspecteurs, syndicats d'auto-écoles et gouvernement durent maintenant depuis 4 mois. Chacun des syndicats doit remettre dans la journée ses propres propositions à la nouvelle déléguée interministérielle à la sécurité routière, Michèle Merli.

Ensuite, le secrétaire d'Etat aux Transports va compiler l'ensemble des propositions. C'est le 15 octobre que Dominique Bussereau soumettra les mesures retenues à l'Elysée et à Matignon. Ce sera alors à Nicolas Sarkozy et à François Fillon de trancher. L'entrée en vigueur du permis de conduire réformé se fera normalement pour le début de l'année 2009.

En l'état actuel des discussions, certaines mesures font consensus.
D'abord, tout le monde est d'accord pour développer la conduite accompagnée. Pour motiver les parents, le ministre veut déduire fiscalement 2 ou 3 pleins d'essence. On pourrait aussi abaisser l'âge minimum pour accompagner le jeune conducteur : pour l'instant, il faut avoir plus de 28 ans.
Parmi les pistes évoquées, il se pourrait également que l'on change les critères de l'examen. Par exemple, si le candidat conduit bien, il pourrait obtenir son permis, même s'il commet une erreur à un stop. Par ailleurs, 6 mois après avoir eu son permis, un jeune conducteur pourrait être obligé de suivre une journée de formation en auto-école.

Philippe Colombani, président de l'Union nationale des indépendants de la conduite, a participé aux concertations et il revient sur le fait de favoriser la conduite accompagnée : « C'est une bonne mesure. Par contre, pour encourager la conduite accompagnée, je ne pense pas que ce soit en donnant 200 euros de crédit d'impôt sur du carburant qu'on va inciter les gens. Je crois que, si on veut développer la conduite accompagnée, il faut qu'on ait quasiment la certitude qu'un jeune ait son permis du premier coup. Or, aujourd'hui, on a des jeunes dans les auto-écoles qui le ratent 2 voire 3 fois après avoir fait la conduite accompagnée. Même les parents ne comprennent pas en disant « Mais moi je trouve que mon fils conduit très bien » et c'est vrai qu'il conduit bien mais pour des peccadilles il est ajourné à l'examen. Le résultat, c'est qu'on passe pour une bande d'escrocs ».

D'autre part, on sait que deux pistes, qui avaient été évoquées, ont été abandonnées : il n'y aura pas de code à l'école, ni d'obligation d'afficher les résultats au code et au permis sur la devanture des auto-écoles.

Par ailleurs, Auto-Plus a publié ce mardi un dossier consacré à cette réforme. Les « 10 mesures chocs » que l'hebdomadaire prétend révéler ont été qualifiées de « mesures farfelues (qui) ne correspondent en rien aux pistes de travail du ministère » par Dominique Bussereau. Selon Auto-Plus, les mesures suivantes auraient pu être prises :
• interdiction de conduire à certaines heures de la nuit pour les nouveaux conducteurs détenteurs d'un permis probatoire,
• zéro degré d'alcool pour ceux-ci, qui se verraient également imposer une limitation du nombre de passagers transportés.

Les participants à la concertation que nous avons joints sont sur la même ligne que le ministre, tel Daniel Blot, président du Conseil national des professions de l'automobile, qui précise que « la plupart de ces mesures n'ont été qu'évoquées ».

La rédaction et Yann Abback