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Nœud ferroviaire lyonnais: le débat public échoue à dégager un consensus

Un TGV en gare - Illustration

Un TGV en gare - Illustration - Bertrand Guay - AFP

Le nœud ferroviaire lyonnais est le plus fréquenté de France. Les travaux vise à fluidifier le trafic ferroviaire, notamment autour de la gare Part-Dieu.

Le débat public engagé autour des travaux à entreprendre pour fluidifier le trafic ferroviaire à Lyon a échoué à dégager un consensus, notamment sur la création de nouvelles voies traversant la ville, ont indiqué mardi les organisateurs du débat.

Au vu des opinions recueillies lors des trois mois de la consultation (11 avril-11 juillet), "il nous paraît difficile pour le maître d'ouvrage de trancher", a relevé Jean-Claude Ruysschaert, président de la Commission particulière du débat public (CPDP) "nœud ferroviaire lyonnais", en recommandant d'approfondir les diverses options sur la table.

Deux nouvelles voies

Pour désengorger la gare de la Part-Dieu, SNCF Réseau souhaite créer deux nouvelles voies traversant la ville du nord au sud. Un des questions posées au public était de savoir si cette liaison devait se faire en souterrain (option privilégiée par les collectivités) ou en aérien (option défendue par les associations).

Mais le débat portait sur nombre d'autres projets censés désengorger à long terme le nœud ferroviaire lyonnais, le plus fréquenté de France: la ligne de contournement fret par l'est CFAL, la potentielle ligne à grande vitesse POCL et les accès au tunnel alpin Lyon-Turin.

Quelque 6.400 personnes ont participé aux 16 réunions publiques, à la conférence-débat sur le fret, aux six ateliers thématiques et aux quatre débats en gare ou en entreprise organisés par la CPDP.

Des solutions trop lointaines

La commission a relevé que tous les participants partageaient un même diagnostic de saturation des infrastructures ferroviaires mais que les solutions envisageables étaient prévues à un horizon bien trop lointain. Les participants au débat ont également dénoncé le "manque de coordination entre les acteurs" du transport autour de Lyon.

Bien que n'ayant pas "vocation à donner un avis", ni "à hiérarchiser les diverses opinions", la CPDP formule plusieurs recommandations. Elle suggère notamment d'améliorer la desserte existante par des actions moins coûteuses et pouvant être mises en oeuvre rapidement. "On ne peut pas attendre 20 ans une amélioration de la situation", a relevé Jean-Claude Ruysschaert devant la presse.

"Il faut des décisions claires"

Il faut aussi, selon lui, "structurer les projets pour les rendre crédibles pour le public", notamment du point de vue financier, "ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

"La balle est désormais dans le camp du maître d'ouvrage", SNCF Réseau, qui a trois mois pour faire connaître les suites qu'il entend donner au rapport de la commission.

Présente à Lyon, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) Chantal Jouanno a relevé qu'il s'agissait là du 5e, voire 6e débat engagé en Auvergne-Rhône-Alpes sur les infrastructures de transport. Et qu'aucun de ces projets n'avait débouché concrètement.

Il faut, a-t-elle dit, "respecter les citoyens qui se sont déplacés". "Si on veut en France développer le débat, il faut des décisions claires qui ne soient pas dans des délais de cinq à dix ans".
Benjamin Rieth