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Montée de l’Etat au capital de Renault: Nissan va réagir

Carlos Ghosn a refusé de s'exprimer sur le fond de l'affaire, alors qu'il pourrait préparer la riposte de Nissan.

Carlos Ghosn a refusé de s'exprimer sur le fond de l'affaire, alors qu'il pourrait préparer la riposte de Nissan. - Andrew Burton - AFP

Le conseil d'administration de Nissan va examiner "cette semaine" la question de la montée de l'Etat français dans le capital de son partenaire français Renault, a annoncé lundi Carlos Ghosn. Mais le mystère plane autour des intentions du constructeur japonais.

"Le conseil d'administration de Nissan se réunira cette semaine et analysera la situation". C’est ce qu’a déclaré Carlos Ghosn ce lundi, interrogé sur la montée controversée de l’Etat au capital du constructeur tricolore. Le dirigeant des deux constructeurs a malgré tout refusé de s'exprimer sur le fond de l'affaire. "Je ne vais pas répondre, pour une raison très simple", a-t-il déclaré. "Le conseil d'administration de Renault s'est réuni (et) a diffusé un communiqué".

Jeudi soir, le conseil d'administration de Renault avait répété son opposition à l'application au sein de l'entreprise de la "loi Florange", un dispositif visant les spéculateurs et qui garantit des droits de vote doubles aux détenteurs d'actions depuis plus de deux ans.

Une résolution rejetant l'application de cette loi a été présentée à l'ordre du jour de l'assemblée générale des actionnaires de Renault, le 30 avril, et devra recueillir plus de deux tiers des votes pour être approuvée. Or, le gouvernement français, décidé à défendre la loi et ses droits, a acquis 4,73% supplémentaires du capital du groupe au Losange, portant sa part à 19,7% et ses droits de vote exerçables à 23,2%, de nature à lui apporter une minorité de blocage vu le taux de participation habituel aux votes des assemblées générales de Renault.

Quelle riposte de Nissan?

Pour rappel, Nissan détient 15% de Renault et l'entreprise française contrôle 44% du capital du constructeur japonais. Mais Nissan ne vote pas à l'assemblée générale en vertu de dispositions réglementaires sur l'"autocontrôle" des entreprises.

L'ordre du jour de la convocation au conseil d'administration de jeudi soir, "l'évolution de la composition de l'actionnariat de Renault et ses conséquences sur l'Alliance" avec Nissan, avait alimenté les spéculations sur une contre-attaque de Carlos Ghosn via une possible modification des termes de l'alliance conclue en 1999.

L'un des scénarios possibles d'une riposte serait une réactivation des droits de vote de Nissan chez Renault, via une baisse de la participation du groupe au Losange au capital du Japonais sous la barre des 40%, à travers une cession d'actions ou une augmentation de capital. Dans son communiqué jeudi, le conseil d'administration de Renault a demandé que "l'équilibre entre les deux principaux actionnaires de Renault (l'Etat français et Nissan, NDLR) soit maintenu lors de la prochaine assemblée générale ou restauré après celle-ci".

Y.D. avec AFP