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Transports

Menace de quitter le pays, "pipeau": la situation se tend entre Ryanair et ses pilotes en Belgique

Les pilotes belges de la compagnie aérienne low cost ont décidé de rejoindre le mouvement initié par leurs collègues français.

Le conflit social chez Ryanair a fait tâche d'huile. Les pilotes belges seront en effet en grève au même moment que les pilotes français, à savoir le samedi 23 et le dimanche 24 juillet, week-end de chassé-croisé dans les aéroports européens...

Une situation qui ulcère la direction de la compagnie low cost qui une nouvelle fois agite le chiffon rouge du départ à travers une lettre fort peu diplomatique.

"Si votre seule tactique est de nier que vous ayez jamais signé un accord, refuser de négocier et continuer à appeler à la grève pour essayer de saper l’accord de 2020 que vous avez négocié, alors il n’y a aucun espoir d’un accord" peut-on lire dans un courrier divulgué par le quotidien belge Le Soir.

Rappelons que cet accord, signé en pleine crise covid, validait des baisses de salaires afin que la compagnie garde la tête hors de l'eau. Mais alors que le trafic repart fort, Ryanair estime que la situation reste précaire.

"Qu'il en soit ainsi"

"Vous devrez finalement expliquer aux pilotes pourquoi ils doivent gaspiller de l’argent en grèves, et pourquoi l’activité quittera finalement les aéroports belges", poursuit la direction à l'adresse des pilotes.

Ryanair avance qu'une large majorité de ses pilotes en Europe a signé des accords, notamment de revalorisation salariale: "80% des pilotes de notre réseau sont désormais couverts par de nouvelles ententes à long terme négociées, y compris une restauration accélérée des salaires".

Et si les pilotes belges refusent d'entrer dans le rang "qu’il en soit ainsi, mais vous ferez grève pendant très longtemps, nuisant à l’entreprise et sapant l’investissement en Belgique, qui représente 3% de nos opérations". Ambiance.

"Pipeau"

Pour le moment c'est donc l'impasse entre une direction qui menace et des pilotes qui exigent augmentations de salaires et meilleures conditions de travail.

Reste que la stratégie de Ryanair est connue. La compagnie avait déjà agité la même menace à Marseille ou au Portugal après de nombreuses tensions sociales.

D'ailleurs, certains syndicats ne sont pas dupes. Pour le secrétaire permanent de la CNE Yves Lambot cité par le média belge Moustique, ces menaces sont "du pipeau" étant donné que Ryanair, tout comme la plupart des compagnies aériennes, doit gérer une reprise très forte et mal anticipée du trafic et a donc besoin de toutes ses bases et lignes pour répondre à la demande.

D'autant plus que depuis l'aéroport de Bruxelles-Charleroi, Ryanair propose pas moins de 121 destinations, il s'agit donc d'une centre névralgique stratégique pour la compagnie.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business