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Louis Gallois dévoile les dessous du rachat d’Opel par PSA

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Interrogé sur l'acquisition d’Opel, le président du conseil de surveillance de PSA a expliqué les dessous de ce rapprochement qui a été mené dans le plus grand secret "pour éviter les fuites".

Le rachat d’Opel par PSA était "une opportunité trop belle pour ne pas la saisir", a indiqué Louis Gallois, invité du "Comex de l'info" sur BFM Business. Difficile pour le président du conseil de surveillance de PSA de dire le contraire. Mais l’ancien patron de la SNCF a surtout dévoilé les dessous de ce rachat qui s’est déroulé dans le plus grand secret.

"C’est une affaire qui s’est passée en quatre mois, c’est assez rapide", révèle Louis Gallois, en précisant que "tout s’est fait dans le silence". Même les services de l’État n’étaient pas informés de l’opération. "Ils s’en sont plaints" mais "c’est pour ça qu’il n’y a pas eu de fuites", ajoute-t-il avec un sourire en précisant que ni les Français, ni les Allemands, ni les Britanniques n'avaient été tenus au courant.

"Il y a eu débat, mais on a vite tranché"

Au-delà du secret, Opel a été une affaire inattendue pour PSA qui cherchait à faire une acquisition hors d’Europe. "Le groupe est déjà fort en Europe et il a besoin de se déployer à l’étranger", indique Louis Gallois qui précise que cette acquisition a fait débat au sein du groupe. "On a vite tranché, car l’opportunité d’un rapprochement avec Opel était trop belle pour ne pas la saisir". En effet, avec Opel, PSA devient le second constructeur européen. "C’est un effet de taille important dans le monde de l’automobile, car on amortit les dépenses en recherche et développement".

Le groupe français va largement se renforcer sur les marchés allemand et britannique. Comme le rappelle Louis Gallois, "en Allemagne on est faible et en Grande-Bretagne, on n’est pas très fort". Et, cerise sur le gâteau, la marque allemande lui ouvre d’autres marchés européens avec une image plus séduisante. "Il y a un préjugé favorable [aux marques allemandes, NDLR]. L’Allemagne c’est quand même le pays de l’auto".

L'échec de General Motors a convaincu l'Allemagne

Pour Louis Gallois, c’est le succès que PSA a connu lors des dernières années qui a convaincu le gouvernement allemand d’accepter le deal. "Si les Allemands ont apprécié cette opération comme positive, c’est qu’ils pensaient que General Motors n’avait pas réussi à redresser cette entreprise. Le redressement de PSA […] donne plus que de l’espoir".

En effet, il y a quatre ans, l’avenir du groupe français était très compromis. Depuis l'arrivée de Carlos Tavares, en 2014, les choses vont beaucoup mieux. En 2016, PSA a dépassé les 2 milliards d’euros de bénéfice pour 54 milliards d'euros de chiffre d’affaires.

Le "Comex de l’Info", une émission présentée par Franck Riboud et Jean-Marc Sylvestre sur BFM Business. Diffusion vendredi 10 février à 14 heures, 18 heures, samedi à 9 heures et 19 heures et dimanche à 20 heures. 

P.S.