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LGV Lyon-Turin: la situation est débloquée, selon Hollande

En marge du sommet franco-italien, le chef de l'Etat a annoncé le lancement imminent des travaux de la ligne à grande vitesse reliant les deux villes. Il a notamment indiqué qu'il attendait que l'Union européenne règle 40% de la facture.

Le projet de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin a peut-être trouvé un nouveau souffle, ce mardi. François Hollande a en effet annoncé le "lancement des travaux", "effectifs à partir de 2016", lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée avec le président du Conseil italien Matteo Renzi.

Jusque-là, le projet d'autoroute ferroviaire entre Lyon et Turin était au point mort depuis son lancement en 2001. Entre les opposants écologiques qui multiplient les recours et la disette budgétaire, Paris et Rome tardent à concrétiser leurs engagements. Et si les travaux ont bien commencé, seuls les moins coûteux ont été réalisés.

L'UE mise à contribution?

Le principale obstacle est le financement d'un tunnel de 57 kilomètres: 8 milliards d'euros sont nécessaires pour le réaliser. Ni la France ni l’Italie n'ont les moyens de le financer. La France s'est en effet privée d'une source de financement pérenne destiné à ce type de projet avec l'abandon de l'écotaxe.

Du coup, les deux pays comptent sur une aide européenne. Bruxelles pourrait débloquer jusqu'à 40 % de la facture, a ainsi déclaré François Hollande.

Pour autant, la viabilité du projet suscite toujours des incertitudes. Rien ne dit en effet que les routiers délaisseront les autoroutes pour cette ligne de fret ferroviaire. L'idée serait de surtaxer les péages pour contraindre les camions à prendre le Lyon - Turin. On parle d'une hausse de 25 %, une taxe qui risque de raviver la colère des routiers.

Mathieu Sévin avec AFP