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Les Franciliens contraints d’assumer les dérapages financiers d’Autolib’?

Le contrat Autolib' a été signé en 2011.

Le contrat Autolib' a été signé en 2011. - Eric Piermont - AFP

D’ici à 2023, le service d’autopartage commercialisé par le groupe Bolloré devrait afficher un déficit de 180 millions d’euros. Dont les deux tiers seront à la charge des mairies franciliennes.

Avec plus de 130.000 abonnés actifs, Autolib’ semble avoir conquis le cœur des habitants des 97 villes où le service d’autopartage est implanté. Mais si celui-ci poursuit son développement en France (Lyon et Bordeaux) et à l’étranger (Turin, Indianapolis et bientôt Londres), son bilan financier n’est pas vraiment reluisant.

Le Canard enchaîné, dans son édition parue ce mercredi, met en effet en lumière un dérapage qui pourrait s’élever à 179 millions d’euros d’ici à 2023, date de la fin du contrat passé entre la société du groupe Bolloré et le syndicat des collectivités franciliennes.

En cause, selon l’hebdomadaire, le manque de véhicules électriques en circulation (4.000 actuellement) par rapport au nombre d’abonnés. Mais aussi la concurrence des VTC, en particulier Uber, dont les tarifs ont tendance à se rapprocher de ceux d’Autolib’.

Vers une nouvelle hausse des tarifs? 

Résultat: un gouffre financier que le groupe Bolloré devra combler… en partie. Car le contrat signé en 2011 prévoit que ce dernier assume d’éventuelles pertes à hauteur de 60 millions d’euros. Le reste étant à la charge des mairies adhérant au dispositif, qui devront se répartir les frais "à coups de calculs savants, au prorata du nombre de bagnoles électriques garées dans leurs rues", selon Le Canard. Et donc, indirectement, aux contribuables desdites mairies.

Pour limiter la casse, Autolib’ devra donc trouver le moyen d’améliorer ses finances. Outre une (nouvelle) augmentation des tarifs, les différentes parties concernées réfléchiraient à encourager le développement de la publicité sur les voitures. Mais aussi…à prolonger le contrat de deux ans, pour que le service d’autopartage puisse redresser ses comptes.

Y.D.