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Les Etats-Unis auront leur TGV: un contrat à 16 milliards de dollars pour l'italien Webuild

Un blizzard a causé d'importants dégâts au Texas le 26 décembre dernier, dont la mort de 15.000 vaches.

Un blizzard a causé d'importants dégâts au Texas le 26 décembre dernier, dont la mort de 15.000 vaches. - John Weast - Getty Images - AFP

La ligne reliera les villes de Dallas et de Houston au Texas en 90 minutes, du jamais vu dans le pays où la voiture règne en maître.

Le premier groupe italien de construction Webuild (ex-Salini Impregilo) a annoncé mardi avoir signé un méga-contrat de 16 milliards de dollars pour la construction d'une ligne de train à grande vitesse reliant Dallas et Houston dans l'État américain du Texas.

L'accord final sur ce projet, l'un des plus importants jamais remportés par le groupe italien, a été paraphé par Webuild, sa filiale américaine Lane Construction et la holding d'investissement Texas Central.

Ce projet permettra d'introduire aux États-Unis la technologie du train à grande vitesse japonais Shinkansen, indique Webuild dans un communiqué. Les futurs trains circuleront sur le tronçon entre Dallas et Houston à une vitesse inédite aux États-Unis de 320 km/h, pour relier les deux métropoles en moins de 90 minutes.

Un "moment charnière" pour les Etats-Unis

Le projet, présenté comme l'un des plus importants en matière d'infrastructure aux États-Unis, avait donné lieu en octobre 2018 à un premier accord préliminaire entre Texas Central et Webuild qui s'appelait alors Salini Impregilo.

Ce projet "constitue un moment charnière pour la mobilité durable aux États-Unis en lui permettant de rejoindre les rangs des pays qui offrent un service ferroviaire à grande vitesse, comme le Japon, la Chine, la France et l'Italie", commente Webuild.

Le groupe italien sera chargé des travaux de génie civil, qui comprennent notamment la conception et la construction des 379 km de voie ferrée, des viaducs, ainsi que des services de maintenance, des bâtiments industriels et des dépôts de trains.

"Une grande partie de la voie ferrée sera surélevée" afin de "réduire au minimum l'impact que l'infrastructure aura sur les résidents et les propriétaires fonciers" des zones que le train traversera.

Pendant la phase de construction, le projet permettra selon Webuild d'engendrer environ 17.000 emplois directs et plus de 20.000 emplois indirects. Une fois les trains mis en service, plus de 1.500 emplois directs permanents sont prévus.

Texas Central est une société à capitaux privés créée pour ce projet qu'elle présente comme "le premier vrai train à grande vitesse" aux Etats-Unis.

17.000 emplois directs

Les projets de trains à grande vitesse peinent à se concrétiser aux États-Unis, où la voiture est reine et les lobbies automobile et pétrolier très puissants. Un projet de ligne sillonnant la Californie du nord au sud a été abandonné en 2019.

La compagnie ferroviaire espagnole Renfe avait annoncé en février 2020 avoir décroché un contrat de 6 milliards de dollars auprès de Texas Central pour l'aider à développer et exploiter ultérieurement cette ligne ferroviaire.

Webuild est engagé dans d'importants projets au niveau mondial, comme deux sections du Grand Paris Express (lignes 14 et 16) et le plus grand projet de centrale hydroélectrique en Australie, Snowy 2.0. Il a participé à la construction du nouveau pont de Gênes et à celle du deuxième canal de Panama.

Le conseil d'administration de Webuild avait approuvé en mars l'acquisition à 100% de son homologue Astaldi, numéro deux du secteur en Italie, donnant ainsi naissance à un géant des BTP qui devrait voir le jour d'ici août.

En intégrant dans ses comptes l'acquisition en novembre d'Astaldi, Webuild a enregistré en 2020 un chiffre d'affaires de 5,02 milliards d'euros. Sur une base de douze mois, le chiffre d'affaires combiné est estimé à 6,4 milliards.

Avec l'acquisition d'Astaldi, Webuild compte 70.000 salariés directs et indirects. La famille Salini restera le premier actionnaire du futur ensemble, avec une part de 40,4%.

OC avec AFP