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Les cinq erreurs stratégiques de PSA

La direction de PSA aurait accumulé les erreurs stratégiques.

La direction de PSA aurait accumulé les erreurs stratégiques. - -

Dans son rapport rendu ce 11 septembre matin à Arnaud Montebourg, Emmanuel Sartorius a stigmatisé la stratégie retenue par le groupe automobile.Reportage vidéo : Fabien Crombé

Selon, Emmanuel Sartorius, chargé à la mi-juillet par le gouvernement de dresser un état des lieux de la situation de PSA, la restructuration des activités du groupe est inévitable. Dans son rapport, d’une quarantaine de pages, remis ce matin à Arnaud Montebourg, l’expert gouvernemental ne mâche pas ses mots sur la stratégie adoptée par le groupe. Il relève au moins cinq erreurs qui conduisent aujourd’hui le groupe à fermer son usine d’Aulnay-sous-Bois et à supprimer 8000 postes.

La dépendance au marché européen

En 2011, le constructeur a réalisé 58 % de ses ventes sur le marché européen. Or celui est stagnant, voire en récession du fait de la crise. De plus, les parts de marchés de PSA reculent : en 2006, PSA détenait près de 13 %, aujourd’hui il se contente de 12 %.

Des modèles trop généralistes

Fait aggravants au marasme du marché européen, les modèles de PSA sont principalement positionnés sur le milieu de gamme, un secteur ultra concurrentiel, où il réalise de faibles marges. " PSA se trouve pris en tenaille entre des voitures produites à bas coût en Europe centrale et orientale, d'un côté, et les constructeurs allemands premium (Audi, BMW, Mercedes " détaille le rapport.

Une capacité de production en surnombre

Jusqu’au milieu des années 2000, le groupe a visé une production annuelle de 4 millions de véhicules. Dans les faits, il n'a jamais dépassé 3,6 millions. Ses surcapacités de productions sont devenues particulièrement pénalisantes dans le contexte actuel de crise.

Un manque d’ambition à l’international

Conserver son indépendance a toujours été un argument moteur pour la direction de PSA. De ce fait, le constructeur n’a jamais cherché de partenaire pour lui donner une assise internationale. " Le groupe, qui devait pourtant faire face à la croissance inexorable des dépenses de R&D, a préféré multiplier de longue date des alliances opportunistes, ponctuelles et variées " résume le rapport. L’accord conclu avec GM est encore trop récent pour en mesurer les retombées.

Une politique actionnariale mal menée

Les opérations de rachats d’actions et de distribution de divendes (près de 450 millions d’euros en 2011) apparaissent " inopportune " aux yeux de l’expert gouvernemental. Il estime que cela " traduit un manque d'anticipation du retournement du marché qui était alors en train de se produire. Ensuite, elle a privé le groupe de ressources financières commensurables aux plans d'économie qu'il a dû mettre en œuvre fin 2011 et 2012 ".

Coralie Cathelinais