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Le Premier ministre danois n’aurait jamais dû voyager avec Ryanair

Le chef du gouvernement avait cru bon de voyager en low cost durant ses vacances. Problème: au Danemark, Ryanair est accusée de ne respecter aucune norme en matière de conditions de travail, et l'affaire a viré au tollé.

La situation est inédite: les syndicats et la gauche danoise reprochent à leur Premier ministre de voyager...en low-cost. Le chef du gouvernement est en effet parti en vacances avec Ryanair. Or la compagnie aérienne, accusée de pratiquer un dumping social, est véritablement devenue persona non grata dans le pays, qui lui reproche de ne respecter aucune norme en matière de conditions de travail.

La réaction des principaux syndicats danois et de toute une partie de l'opposition est unanime: il s’agit là d’une véritable provocation. Certes, le chef du gouvernement ne grève pas le budget du pays, mais il trahit sa parole. Car en d'autres temps, Lars Rasmussen s'était attaqué à la compagnie low-cost, dénonçant une entreprise qui portait atteinte au modèle danois du marché du travail.

Convocation devant le Parlement

Une polémique qui tombe d’autant plus mal qu’elle intervient en pleine négociation entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur les conditions des travailleurs. Avec l'épisode Malaga, les syndicats du pays estiment que leur Premier ministre cautionne une politique de dumping social, Ryanair ayant refusé de signer les conventions collectives danoises. La compagnie a même préféré fermer plusieurs bases dans le pays plutôt que se soumettre aux règles locales.

Quatre grandes villes danoises ont ainsi interdit à leurs fonctionnaires de voler sur Ryanair pour leurs déplacements professionnels. Lars Rasmussen, lui, va devoir s'expliquer le 1er mars devant le Parlement.

Isabelle Gollentz