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Le PDG de SNCF Réseau se dit "très surpris" par l'annonce de la grève

Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business.

Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business. - BFM Business

Patrick Jeantet, le PDG de la filiale de la SNCF qui gère le rail, s'est dit "très surpris" de l'appel à la grève des syndicats SNCF ce vendredi sur BFM Business.

Les syndicats ont appelé jeudi à une grève reconductible à partir des 3 et 4 avril pour protester contre la réforme du la SNCF sur laquelle le gouvernement a prévu d'avoir recours aux ordonnances. "Je suis très surpris" de cette annonce, a déclaré le PDG de la filiale Réseau de la compagnie ferroviaire, Patrick Jeantet, ce vendredi sur BFM Business.

Pour le dirigeant de SNCF Réseau, "on est au début de la négociation", donc cette grève intervient "à contretemps". D'autant qu'il "n'y a pas de privatisation" prévue martèle-t-il. "Sur le continent européen, aucune compagnie ferroviaire n'a été privatisée", souligne-t-il, répétant qu'il n'y a "pas d'inquiétude à ce niveau-là".

Des trains qui resteront lents "pendant des années"

Sans vouloir se prononcer sur le côté politique de la réforme, Patrick Jeantet a rappelé que la dette de sa branche "ne m'a pas empêché d'investir 2,7 milliards en 2017. La question, c'est sa soutenabilité à long terme".

Sur la lenteur de certaines lignes en raison de la vétusté de certains réseaux ferrés, il a prévenu qu'il y aurait "pendant des années des limitations temporaires de vitesse", parce que "cela prendra des années" de rénover le rail. La faute, selon lui, à une "politique du ferroviaire en France qui s'est concentré pendant 30 ans sur le tout TGV".

Pendant ce temps, "les grandes gares françaises n'ont pas fait l'objet de projets importants de rénovations depuis la seconde guerre mondiale. Le plan des voies de la gare Saint-Lazare date de 1937. Il est indispensable de s'attaquer à ces nœuds ferroviaires", a-t-il estimé.

Quant à l'ouverture à la concurrence, qui générerait de nouveaux revenus pour SNCF Réseau grâce aux péages que verseraient les nouveaux opérateurs, Patrick Jeantet semble sur la même ligne que la ministre des Transports Élisabeth Borne, qui juge qu'il ne faut pas attendre jusque-là.

Le PDG de SNCF Réseau y voit en tout cas "une formidable opportunité de transformation pour SNCF mobilité, opportunité pour que le marché s'agrandisse. En Allemagne, en 20 ans, ils ont augmenté le nombre de trains qui circulent de 30% et le nombre d'usagers de 55%, et l'opérateur historique, la Deutsche Bahn, n'en a pas pâtit, puisqu'elle a augmenté la fréquentation de ses trains de 60 à 70%".

N.G.