BFM Business

Le Drian acte la création d'un "Airbus de l'armement terrestre"

Jean-Yves Le Drian sera le témoin du mariage entre Nexter et KMW.

Jean-Yves Le Drian sera le témoin du mariage entre Nexter et KMW. - -

Le ministre de la Défense doit annoncer ce mardi 1er juillet, le rapprochement du français Nexter et de l'allemand KMW, pour donner naissance au numéro un européen de l'armement terrestre.

Ce mardi 1er juillet, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian réunira à 20h15 les dirigeants du groupe français Nexter (ex-Giat Industrie) détenu à 100%, par l'Etat et ceux de l'allemand KMW (Krauss-Maffei Wegmann).

Ces deux groupes d'armement terrestre vont en effet se rapprocher via une co-entreprise dans laquelle l'Etat français prendra 50%, et qui réunira les deux sociétés. Une fusion pure serait envisagée à plus long terme.

Le but est de créer le numéro un européen de l'armement terrestre. Du côté du ministère de la Défense, on explique que ce rapprochement est facilité dans la mesure où les deux sociétés ont des chiffres d'affaires similaires et des effectifs proches (2.700 pour Nexter et 3.200 pour KMW).

Mariage de raison

Les deux entreprises espèrent créer des synergies, notamment dans la R&D et leurs divisions internationales. Pour Nexter, cette alliance avec KMW permettrait de renforcer sa présence à l'international tandis que l'allemand aura accès à une gamme de matériels sur laquelle il n'est pas présent.

De fait, il s'agit avant tout d'un mariage de raison. La contraction des dépenses militaires a amené les groupes de défense à réduire leurs coûts, comme le fait la division militaire d'Airbus, ou opter pour la consolidation.

Des présages

Dans une interview à l'Usine Nouvelle du 20 juin dernier; le directeur général délégué de Nexter Systems laissait déjà présager ce rapprochement.

"Aujourd’hui, deux grands groupes internationaux General Dynamics et BAE/United Defense dominent le marché de l’armement terrestre avec un chiffre d'affaires supérieur à 3 milliards d’euros. Avec des ventes trois fois inférieures, Nexter ne pourra pas indéfiniment suivre. Soit nous décidons de nous replier et de devenir le champion de telle ou telle niche, soit nous voulons rester un acteur global et alors l’effet de taille est incontournable. C’est l’objet de notre cible stratégique de recherche de partenariats", déclarait-il.

Interrogé sur des possibles noms, il évoquait alors trois partenaires présentant des synergies potentielles: RheinMetall, Krauss-Maffei et l'italien Oto Melara. 'Les économies d’échelle seraient évidentes, nous mutualiserions les investissements et nous consoliderions les empreintes commerciales", avançait-il.

Cette union entre Nexter et son rival allemand aurait même été envisagé pendant près de 10 ans, selon la Tribune qui expliquait, en juillet 2013, que ce mariage ne serait pas sans risque, les deux sociétés étant en concurrence sur plusieurs marchés. "Une telle opération ne se fera pas sans une casse industrielle et sociale si les deux groupes se rapprochaient", écrivait ainsi le quotidien économique. Une hypothèse que réfute le ministère de la Défense.

Julien Marion