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La SNCM se dote d'un nouveau patron

Nouvelle gouvernance à la SNCM: Olivier Diehl remplace Marc Dufour.

Nouvelle gouvernance à la SNCM: Olivier Diehl remplace Marc Dufour. - -

Olivier Diehl, 58 ans, a été nommé ce mercredi 28 mai à la présidence du directoire de la compagnie de ferries, selon des sources concordantes citées par l'AFP. Il devra trouver comment sortir la SNCM de l'ornière.

Le conseil de surveillance qui se tenait à Marseille ce 28 mai a, selon des sources concordantes citées par l'AFP, nommé Olivier Diehl à la présidence du directoire. A 58 ans, cet ancien de Geopost (filiale de La Poste) et de la branche française de DHL remplace Marc Dufour, l'ancien dirigeant débarqué le 12 mai.

Celui-ci a payé son conflit ouvert avec l'actionnaire à 66%, Transdev, filiale de Veolia qui cherche à se défaire de sa participation dans le transporteur maritime. Olivier Diehl est justement le candidat du principal actionnaire. L'Etat, actionnaire indirect de la SNCM, le trouve également plus consensuel que son prédécesseur.

Il devra "construire un avenir crédible et viable" à la compagnie maritime marseillaise, chroniquement déficitaire. Elle a publié 50 millions de pertes en 2013, et près de 200 millions depuis 2001. Sa priorité sera de régler un conflit social imminent: un préavis de grève a été déposé pour le 24 juin avant même sa nomination.

Le couperet de l'amende de 440 millions d'euros

Pour sauver la SNCM, Marc Dufour plaidait pour un "plan long terme" qui prévoyait des efforts des salariés et 500 départs volontaires (sur 2.600 employés). En contreparties, les syndicats réclamaient l'achat de quatre nouveaux navires.

L'ex-patron avait signé une lettre d'intention à ce sujet avec les chantiers navals de Saint-Nazaire, valable jusqu'au 30 juin, pour un contrat de 600 millions d'euros minimum. Mais Transdev assurait ne pas avoir les fonds nécessaires pour financer ce plan. Le dirigeant de Transdev, Jean-Marc Janaillac, précisait qu'il ne croyait pas qu'il serait efficace. Les syndicats, eux, voient dans ce changement de gouvernance une trahison, et réclament l'application du plan.

La filiale de Transports de Veolia continue en parallèle de clamer haut et fort qu'elle veut négocier avec des candidats à la reprise de sa participation. Mais les postulants éventuels ne se risqueront pas à une offre tant que la SNCM est redevable de 440 millions d'euros d'amendes à Bruxelles. Amende que la compagnie n'a absolument pas les moyens de régler.

Seul moyen pour éviter de payer cette somme, à l'heure actuelle: le redressement judiciaire. Le gouvernement assure pour sa part que cette option n'est pas celle qu'il favorise. L'exécutif assure privilégier la négociation avec Bruxelles. Une réunion entre la Commission et le ministère français des Transports devrait intervenir mi-juin sur ce sujet.

N.G.