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La rémunération de Carlos Ghosn risque encore de faire polémique

Carlos Ghosn avait déjà fait polémique sur sa rémunération en mai dernier

Carlos Ghosn avait déjà fait polémique sur sa rémunération en mai dernier - Fred Dufour - AFP

Le PDG de l'Alliance Renault-Nissan a confié à l'agence Reuters s'attendre à ce que les représentants de l'État votent contre sa rémunération lors de la prochaine assemblée générale, au printemps 2017.

Nouveau bras de fer en vue entre l'État et Carlos Ghosn. Ce vendredi, le PDG de l'alliance Renault-Nissan a confié à l'agence Reuters s'attendre à ce que l'État vote contre sa rémunération en 2017.

"Je ne pense pas qu'il y a la moindre chance que (le gouvernement) approuve" la rémunération proposée, a-t-il déclaré. "Notre objectif est d'avoir un vote majoritaire" des actionnaires en faveur de la proposition du groupe, a-t-il néanmoins ajouté.

Un geste insuffisant

L'an dernier, la rémunération accordée par Renault à Carlos Ghosn (7,2 millions d'euros) avait déjà fait l'objet de vifs échanges avec le gouvernement. Alors ministre de l'Économie, Emmanuel Macron avait menacé de légiférer après que les actionnaires aient refusé de voter les émoluments du PDG pour 2016. Le conseil d'administration avait toutefois décidé de les valider, invoquant les excellents résultats de l'année 2015 (le vote des actionnaires étant purement consultatif). Avant, finalement, de réduire de 20% la part variable de sa rémunération en juillet dernier.

Ce dernier geste n'a, toujours selon Reuters, pas convaincu Bercy. "Il faudra qu'on en rediscute (mais) les nouvelles propositions qui ont été faites par le conseil d'administration n'apparaissaient pas encore suffisantes", indique une source au ministère des Finances.

L'agence de presse britannique indique en revanche que cette initiative a convaincu d'autres actionnaires qui s'étaient prononcés contre la rémunération de Carlos Ghosn, à savoir le fonds souverain norvégien et Amundi Asset Management.

Un calendrier politique

Si ce dernier point rend un peu moins certain la victoire du non lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires en 2017, il n'en reste pas moins que l'étau va se resserrer autour de Carlos Ghosn.

La loi Sapin II, adoptée la semaine dernière, rend progressivement contraignant le vote des actionnaires. À partir de 2017, ils auront ainsi un droit de veto sur le mode de calcul de sa rémunération. Puis en 2018, ce blanc-seing sera même élargi au montant de la rémunération en tant que tel.

Et le vote sur le salaire de Carlos Ghosn s'annonce d'autant plus sous haute tension qu'il a de bonnes chances, au regard du calendrier des années précédentes, de tomber entre les deux tours de la présidentielle, souligne Reuters.

J.M.