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La prime transport verra-t-elle le jour ?

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Annoncée en juin lors de la flambée des prix du pétrole, la prime transport a été supprimée par les députés en commission. Reste à savoir si elle sera réintégrée avant le vote de l’Assemblée.

La prime transport va-t-elle être supprimée ? C'est en tout cas le souhait de plusieurs députés : réunis mardi en commission des Affaires Sociales, ils ont exprimé leur volonté de la supprimer. Les députés expliquent que cette prime pourrait avoir « un impact négatif en matière d'emploi » en cette période de crise. Annoncée en juin, cette aide prévoit que l'entreprise prenne en charge 50% du coût du transport collectif, comme c'est déjà le cas en Ile-de-France. Elle prévoit également une prime pouvant aller jusqu'à 200 euros par an, pour ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler.

Non aux dispositifs de salaire indirect

Yves Bur, député UMP du Bas Rhin et rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, fait partie des députés qui ont appuyé cette suppression de la prime transport dans le PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale). Il s'en est expliqué sur RMC : « Cette prime, imaginée à chaud quand le pétrole dépassait les 140 dollars, se justifie peut-être un peu moins car le pétrole se trouve aujourd'hui à moins de 70 dollars. La commission a voulu dire son ras-le-bol devant la multiplication des dispositifs de salaire indirect, c'est-à-dire l'épargne salariale, les chèques-restaurant, les chèques emploi-service, et maintenant la prime transport. Ce sont des prestations qui finalement sont toujours versées au détriment du salaire réel. A force de les multiplier, les entreprises n'auront plus intérêt à augmenter les salaires parce que ça leur coûtera moins cher de verser les prestations ».

Contretemps ou provocation ?

Si cette suppression en commission est un coup dur pour cette prime, elle n'est pas définitivement enterrée. Elle doit encore en effet faire l'objet d'un vote en séance publique lors de l'examen, la semaine prochaine, du PLFSS auquel elle est intégrée. Pour résumer, le gouvernement pourrait décider de la réintroduire à ce projet avant le vote des députés. Selon Hervé Mariton, député UMP et rapporteur spécial du budget des transports, « la prime transport n'est pas enterrée. Il y a un vote de mes petits camarades de la commission des Affaires Sociales que je respecte tout à fait. Rien ne dit qu'on aura le même avis en commission des Finances et je pense qu'en séance chacun comprendra que les Français, les salariés, sont sans doute sur le fond d'accord avec l'idée que le pouvoir d'achat ne se règle pas à coup de primes mais plutôt avec les salaires, mais qu'il y a la réalité. Si la réalité ça peut être une prime qui permette aux gens de mieux s'en sortir, je pense qu'on est aussi capable de comprendre ça ».

Côté syndical, la réaction de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, a été très vive sur RMC : « C'est une provocation. Nous demandons ça depuis 2005 et le Premier Ministre s'y est engagé au mois de juin. Il l'a confirmé au mois de septembre. Les députés décident en commission de tout simplement le supprimer sous prétexte que le prix du pétrole a baissé : je pense qu'ils ne doivent pas souvent mettre de l'essence dans leur véhicule. Le pétrole a baissé mais le prix à la pompe est toujours très élevé. C'est inacceptable ».

Suite à cette polémique, le Premier Ministre François Fillon vient d'annoncer qu'il avait l'intention de maintenir la prime transport dans le PLFSS.

La rédaction et Sébastien Gilles-Bourdin & Co