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La grève des pilotes risque de coûter cher à Air France

Frédéric Gagey, le patron d'Air France, estime l'impact des 4 jours de grève à 40 millions d'euros.

Frédéric Gagey, le patron d'Air France, estime l'impact des 4 jours de grève à 40 millions d'euros. - Kenzo Tribouillard - AFP

"L'impact financier du mouvement social décidé par les principaux syndicats de pilotes de la compagnie dépassera probablement les 40 millions d'euros, a indiqué son PDG mardi. "

La facture promet d'être salée pour Air France, après quatre jours marqués par la grève des pilotes. C'est en tout cas ce qu'a indiqué mardi à l'AFP Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie.

"Je pense qu'on dépasse les 40 millions, mais les chiffres définitifs seront publiés lors des résultats du premier semestre", a-t-il indiqué, précisant qu'il "faut également voir quel sera l'impact dans la durée, c'est-à-dire à quelle vitesse les clients reviennent".

S'il se confirme, l'impact financier est effectivement conséquent: "40 millions, c'est (le coût d')un avion et demi en moyen-courrier, c'est beaucoup d'argent" insiste le PDG d'Air France.

Revenant sur la question du partage d'activité long-courrier entre KLM et Air France qui est au coeur du conflit entre les pilotes et la direction, Frédéric Gagey répété qu'il "y a certaines demandes qui ne peuvent pas se discuter dans la période actuelle où l'on attend l'arrivée de Jean-Marc Janaillac", le nouveau PDG du groupe Air France-KLM qui succédera à Alexandre de Juniac le 4 juillet.

"C'est une grève perdante pour Air France"

Répondant aux reproches des syndicats, le PDG d'Air France a également affirmé que la direction n'avait "absolument pas pratiqué la chaise vide". "On nous a reproché d'avoir pendant le week-end passé du temps auprès des salariés qui travaillaient pour essayer de limiter l'impact de ce mouvement. Dans ces moments-là, il est important que le management soit présent auprès des salariés qui déployaient de l'énergie pour limiter l'impact sur les passagers", s'est-il défendu.

Les syndicats s'étaient en effet étonnés vendredi que leur dirigeant n'accorde pas sa priorité à la reprise des négociations en vue de lever la grève. Le PDG a regretté la tenue de cette grève "alors qu'Air France a fait (en 2015) un vrai pas de redressement. L'an dernier les résultats des deux compagnies (Air France et KLM) étaient comparables, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps", a-t-il ajouté.

"C'est une grève perdante pour Air France. Je comprends ce besoin d'exprimer les ambitions, le besoin de croissance, mais ce n'est pas en (...) limitant la capacité financière de la compagnie qu'on favorise le potentiel d'ambition pour Air France".

Les syndicats de pilotes représentatifs à Air France ont rejeté jeudi un nouveau protocole de fin de conflit transmis par la direction et annoncé une grève de quatre jours à partir de samedi. Ce mardi, ils ont indiqué qu'ils décideraient "dans les prochains jours" des suites à donner au mouvement.

Y.D. avec AFP