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L'offre de Lufthansa pour le rachat d'Alitalia "est la plus prometteuse", estime Rome

Trois offres ont été déposées pour reprendre la compagnie aérienne Alitalia, en grande difficulté. (image d'illustration)

Trois offres ont été déposées pour reprendre la compagnie aérienne Alitalia, en grande difficulté. (image d'illustration) - Andreas Solaro - AFP

Trois offres de reprise de la compagnie aérienne Alitalia ont été déposées. Celle formulée par Lufthansa a plus particulièrement retenu l'attention de Carlo Calenda, le ministre italien du Développement économique.

La proposition de la compagnie allemande Lufthansa pour une éventuelle reprise d'Alitalia est "la plus prometteuse", estime Carlo Calenda, le ministre italien du Développement économique, dans un entretien au quotidien La Repubblica. Pour rappel, trois offres ou manifestations d'intérêt, dont une de Lufthansa et une autre d'EasyJet, ont été remises pour une éventuelle reprise de la compagnie en difficulté.

"Alitalia reste fragile et a besoin d'un partenaire. Il y a la possibilité de travailler sur les offres et d'arriver à une solution structurelle qui ne coûte pas plus aux citoyens", a précisé le ministre dans les colonnes de La Repubblica.

Un porte-parole de Lufthansa a expliqué la semaine dernière à l'AFP que la compagnie allemande avait "soumis un document décrivant ses idées pour une "NewAlitalia" restructurée", tout en précisant que "l'Alitalia d'aujourd'hui" n'était "pas intéressante". En fonction de la réception donnée à ce document, "nous pouvons imaginer d'autres discussions", a-t-il poursuivi, alors que Lufthansa a toujours souligné son intérêt pour le marché italien. Lufthansa réclame cependant que les commissaires chargés de gérer la compagnie italienne la restructurent profondément avant un éventuel rachat.

Des suppressions de postes à prévoir 

Carlo Calenda s'était félicité la semaine passée que Lufthansa ait amélioré sa proposition, "tant en terme de maintien des liaisons intercontinentales que du personnel". Selon la presse italienne, Lufthansa réclamerait la suppression de quelque 4000 emplois sur les 8400 qui font partie de la branche "aviation". Au lieu des 6000 suppressions souhaitées précédemment. 

La compagnie britannique à bas coûts EasyJet a annoncé de son côté avoir présenté une "manifestation d'intérêt revue pour une Alitalia restructurée, dans le cadre d'une alliance", sans donner de détails ni le nom des acteurs avec lesquels elle a noué cette alliance. Selon les médias italiens, il s'agirait du fonds américain Cerberus et de la compagnie américaine Delta.

D'après la presse italienne, la troisième offre aurait été soumise par la compagnie low cost hongroise Wizz Air. Interrogée, cette dernière s'est refusée à tout commentaire.

La cession repoussée 

Le gouvernement doit publier d'ici la fin du mois un décret pour repousser d'environ six mois la date butoir de la cession d'Alitalia, initialement fixée au 30 avril, et ce alors que les élections italiennes et l'incertitude politique qui règne depuis ont retardé un éventuel accord.

"Il faut un nouveau gouvernement, autrement les investisseurs n'achèteront pas", a mis en garde Carlo Calenda. Mais les consultations en cours pour former un nouveau gouvernement après les élections du 4 mars risquent de durer: la coalition de droite désormais dominée par la Ligue (extrême droite) et les anti-système du Mouvement 5 étoiles (M5S) revendiquent de diriger le gouvernement mais aucun n'a de majorité pour l'instant. Cependant, la Ligue et le M5S ont tous deux évoqué leur souhait de conserver "l'italianité" d'Alitalia.

Alitalia, qui emploie quelque 11.500 salariés, a accumulé les pertes ces dernières années face à la concurrence des compagnies à bas coûts. Elle a été placée sous tutelle en mai, après le rejet par les salariés d'un plan de restructuration prévoyant 1.700 suppressions d'emplois et elle est désormais dirigée par trois commissaires nommés par le gouvernement.

A.M. avec AFP