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L'éventualité d'un mariage Opel-PSA fait grincer des dents à Berlin

Opel emploie encore près de 20.000 personnes en Allemagne.

Opel emploie encore près de 20.000 personnes en Allemagne. - Opel

L'information a fait l'effet d'un coup de tonnerre en Allemagne mardi. Le constructeur français envisagerait d'acheter à GM, sa filiale européenne. Pris de court, le gouvernement allemand affiche sa méfiance. PSA assure vouloir rencontrer Merkel et les syndicats d'Opel.

Carlos Tavares, le président de PSA, a indiqué ce mercredi vouloir rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel et les organisations syndicales d'Opel. Les pouvoirs publics allemands doivent penser qu'il était temps. Parce que si l'hypothèse d'une fusion Peugeot-Opel semble réjouir les marchés, elle fait grincer des dents en Allemagne. La nouvelle a en effet été accueillie plutôt froidement, tant elle a pris tout le monde de court, y compris les responsables politiques du pays.

C'est surtout l'attitude de General Motors qui déroute la ministre de l'Économie allemande. "il est inacceptable que cette idée soit rendue publique, sans que soient consultés au préalable le comité d'entreprise, les gouvernements régionaux concernés, et IGMetall", la grande confédération syndicale de l'industrie allemande, a déclaré Brigitte Zypries.

Le précédent Sanofi Aventis

Car même si Opel est depuis très longtemps, 1929 pour être précis, filiale du géant américain General Motors, l'histoire d'Opel s'inscrit profondément dans les racines même de l'histoire de l'industrie allemande. Opel construit des voitures depuis 1914 et constitue un poumon économique très important en Hesse et en Rhénanie-Palatinat, à travers les usines historiques de Kaiserslautern et Eisenach. Malgré d'énormes restructurations et la fermeture de plusieurs usines, Opel emploie toujours 38.000 personnes, dont 19.000 en Allemagne.

L'enjeu est donc clairement politique. La ministre allemande de l'Économie exige que General Motors porte la responsabilité des sites industriels, du centre de développement et de la sécurité de l'emploi. Et même si le comité d'entreprise et le syndicat IGMetall se montrent un peu plus ouverts sur le principe, citant de nombreuses coopérations réussies entre PSA et Opel, l'hypothèque politique pourrait peser sur ce dossier. Les responsables allemands ont toujours beaucoup de mal à digérer le rachat d'Aventis par Sanofi en 2004. Aventis qui à l'époque était très implanté dans le Land de Hesse.

Antoine Larigaudrie, édité par N.G.