BFM Business

L'Etat doit-il relancer le secteur automobile ?

Usine Renault de Douai (Nord)

Usine Renault de Douai (Nord) - -

Le gouvernement réfléchit à une aide au secteur automobile français, durement touché par une baisse des ventes au niveau européen. Le numéro 2 de Renault a appelé l'Etat à l'aide mardi, alors que PSA supprime 300 postes d'intérimaires.

L’Etat va-t-il de nouveau aider le secteur automobile ? C’est « à l'étude », a assuré mercredi Arnaud Montebourg. D'après le ministre du Redressement productif, « le secteur automobile fait l'objet aujourd'hui d'une instruction particulière au ministère ». Ce nouveau coup de pouce a été demandé mardi par le numéro deux de Renault, Carlos Tavares. « Ce que j'appellerais de mes vœux, c'est qu'on soutienne le marché français et le marché européen. Toute sorte de mesure de soutien, dès lors qu'elle booste la demande, est bonne à prendre » a-t-il déclaré.
Car le secteur auto français souffre. La chute des ventes au niveau européen oblige les constructeurs tricolores à réduire la voilure et à produire moins. Renault a annoncé mercredi le départ d'intérimaires dans l'Hexagone en raison de « la dégradation du marché européen et de la baisse des commandes ». Même chose pour le groupe PSA Peugeot-Citroën, qui va supprimer 300 postes d'intérimaires à l'usine de Sochaux (Doubs) dans les prochains mois. Même le recours au chômage partiel ne suffit plus.

« C’est vital pour le secteur »

Depuis 2008, l'Etat est déjà venu en aide à ce secteur confronté à une chute des ventes, notamment avec la prime à la casse entre décembre 2008 et décembre 2010, ou avec le bonus-malus écologique. Des mesures qui ont été efficaces mais qui ont couté plus de 2 milliards à l’Etat, et donc aux contribuables. Un nouveau coup de pouce est-il dès lors nécessaire ?
« C'est vital pour le secteur, mais aussi pour les salariés qui travaillent dans l'automobile, assure Philippe Velu, délégué central adjoint CFDT chez Renault. En ce moment les commandes sont très rares. Le chômage technique est de rigueur dans tous les sites. C'est d'abord à l'Etat de nous aider, tout en veillant à la bonne utilisation de cette aide par les entreprises ». Pour Bruno Lemerle, délégué CGT sur le site PSA de Sochaux, « c'est une solution qui ne règle pas les problèmes de fond. Donner une prime à l'achat, ça marche un temps. Mais aussitôt que la prime disparaît le problème du pouvoir d'achat se repose. Globalement on peut se demander si c'est au contribuable de payer indéfiniment le développement ou le maintien de l'industrie automobile ».

« Ça ne fait que reporter le problème »

Carlos Da Silva, analyste chez IHS Automotive et spécialiste du secteur automobile, ne dit pas autre chose. Demander à l’Etat de nouveaux coups de pouce pour aider à l’achat de voiture, « c'est efficace à court terme. Mais ça ne fait que reporter le problème à demain. Parce que le problème reste toujours le même, c’est à dire que l'on a beaucoup trop de capacités de production par rapport au marché. Et l'autre solution, c'est de réduire les capacités justement. Mais cela voudrait dire fermer des usines ».

La Rédaction avec Yann Abback