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L'alliance entre Renault et Nissan est devenue "une farce, un simulacre", tacle Carlos Ghosn

L'ancien patron de l'alliance a jugé très sévèrement la situation actuelle des constructeurs automobiles du groupe. D'autant plus que l'alliance a raté "l'inratable" avec le rapprochement avorté avec Fiat-Chrysler.

Après moi, le déluge. Carlos Ghosn est revenu, lors de sa conférence de presse ce mercredi, sur la situation actuelle de l'alliance automobile qu'il a dirigée, entre Renault, Nissan et Mitsubishi. "En 2017, l'alliance était le 1er groupe automobile mondial" explique-t-il.

Et un nouvel acteur devait entrer dans cette équation. "Vous savez très bien que nous étions en train de nous préparer à ajouter Fiat-Chrysler" à l'alliance, explique-t-il aujourd'hui. "J'étais en train de négocier avec John Elkann" (le patron de Fiat-Chrysler).

Et de critiquer: "On a raté l'inratable!" tance l'ex-PDG. "C'est incroyable! c'est impensable! Comment perdre cette opportunité?" indique-t-il, soulignant qu'il avait espéré créer une holding et non une fusion. C'est finalement PSA qui projette désormais de fusionner avec le groupe italo-américain.

"Le consensus ne fonctionne pas"

"Il n'y a plus d'alliance, soyons honnête" juge Carlos Ghosn. "Pourquoi sommes-nous encore ensemble?" Et de rappeler que c'est avant tout son leadership, critiqué, qui permettait d'assurer la mise en œuvre des synergies. "Le consensus ne fonctionne pas, il faut s'assurer de forcer les synergies!" explique-t-il.

Aujourd'hui, "l'alliance a disparu et les trois entreprises ne font plus de croissance" rappelle-t-il. "Et je vois difficilement une stratégie (…) C'est une farce, un simulacre d'alliance avec des personnes qui ne vont nulle part."

Thomas Leroy