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Carlos Ghosn affirme avoir été arrêté pour une rémunération qui "n'avait pas été payée et décidée"

Lors de sa très attendue conférence de presse, l'ancien patron de Renault-Nissan assure que son arrestation au Japon repose à l'origine sur des revenus qui n'avaient pas encore été votés ni versés.

L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, est apparu pour la première fois en public ce mercredi pour une conférence de presse à Beyrouth, depuis sa fuite rocambolesque il y a deux semaines du Japon, où il est accusé notamment de malversations financière.

Le milliardaire a révélé les raisons officielles de son arrestation à l'aéroport de Tokyo (et pas dans un avion). "J'ai été arrêté pour n'avoir pas déclaré une rémunération qui ne m'avait pas été payée et qui n'avait même pas été décidée !", a expliqué Carlos Ghosn.

Et d'expliquer: "Le procureur m'a dit: 'nous allons vous arrêter pour avoir minimisé votre compensation dans les rapports financiers'. J'étais choqué, je ne comprenais pas. 'Quelle rémunération?', j'ai demandé. Et on m'a dit: 'nous vous arrêtons pour avoir dissimulé des rémunérations qui ne vous ont pas encore été payées'. Et donc j'ai été surpris: 'je n'ai pas encore été payé?' On m'a dit 'oui'. Et tout cela n'est pas passé par le conseil d'administration donc ça n'avait pas été décidé. Donc j'ai été arrêté pour une rémunération qui n'était pas encore fixée, qui n'avait pas été décidée et qui n'avait pas encore été payée. C'est pour cela que j'ai été arrêté. Et je peux vous dire que dans de nombreux pays, ce n'est pas une raison pour arrêter quelqu'un, ce n'est pas une affaire criminelle, ce n'est même pas une infraction". 

Carlos Ghosn fait l'objet de quatre inculpations au Japon: deux pour abus de confiance aggravé et deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (le groupe en lui-même étant aussi poursuivi sur ce volet), notamment des montants qu'il devait toucher après sa retraite estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018.

Olivier Chicheportiche avec AFP