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Grève des RER A et B: 1 train sur 2 mardi, retour à la normale mercredi

La circulation des RER A et B est restée très limitée ce mardi en raison d'une grève des conducteurs. Le retour à la normale est prévu pour mercredi.

Journée pénible pour les quelque deux millions d'usagers des RER A et B ce mardi. Quatre syndicats ont appelé à la grève à partir de ce mardi 4 heures et jusqu'à mercredi 7 heures pour dénoncer des "tensions chroniques" dans leur travail. Le retour à la normale est prévu pour mercredi.

En attendant "plus d'un train sur deux" étaient prévus "aux heures de pointe", pendant les heures creuses. Mais le trafic était "quasi nul" sur le RER A et seulement un train sur quatre circulait sur le RER B, selon la RATP, qui a parallèlement "renforcé" les lignes 1, 4, 13 et 14 du métro. Plusieurs gares n'étaient pas du tout desservies une grande partie de la journée. 

La mobilisation est "d'un peu plus de 95% sur les deux lignes", selon la CGT et l'Unsa, qui ont appelé à la grève avec SUD et FO. Les quatre syndicats (77% des voix au total) ont indiqué que la direction avait "expédié en catastrophe ses cadres en formation sur les trains" afin de remplacer les conducteurs en grève. La direction de la RATP n'a de son côté pas souhaité communiquer sur le nombre de grévistes.

La mobilisation est "énorme"

"Sur l'ensemble du réseau, une trentaine de conducteurs travaillent aujourd'hui" mardi, a indiqué à l'AFP Jean-Luc Prigent de la CGT, soulignant qu'"il faut remonter très très loin, quasiment jusqu'en 1995 (et le mouvement contre la réforme Juppé des retraites, NDLR)" pour retrouver une mobilisation de cette importance. Mais "aujourd'hui, il s'agit d'une mobilisation sur des sujets locaux" de "pressions du management" et d'organisation du travail, a-t-il souligné.

La mobilisation est "énorme", a renchéri Laurent Gallois de l'Unsa, précisant que "de 10 heures à 15h30", il n'y avait même aucun train programmé sur une partie de la ligne B, "de Saint-Rémy-lès-Chevreuse jusqu'à Massy-Palaiseau".

Mettant en cause le directeur du RER, Cyril Condé, les quatre syndicats ont décidé d'écrire à la PDG de la RATP, Catherine Guillouard. La grève avait été maintenue après l'échec la semaine dernière d'une tentative de conciliation lors d'une réunion avec M. Condé. "Ce jour-là, il pouvait arrêter la grève", mais a "méprisé les organisations syndicales, il n'est plus représentatif pour un dialogue social constructif", a affirmé M. Gallois.

Dans leur préavis, les syndicats évoquent des "tensions chroniques" et "dysfonctionnements récurrents dans l'organisation du travail", conséquence, selon eux, d'une "politique du chiffre" liée aux obligations fixées par Ile-de-France Mobilités (ex-Syndicat des transports d'Île-de-France, Stif).

"Du mal-être quotidien"

"On a des difficultés pour les agents de disposer de leurs congés, on a également une forte pression managériale; un management agressif envers les agents pour accroître la production et cela crée du mal-être au travail au quotidien", explique à BFMTV Abdelaziz Hammad, délégué central adjoint Sud-Ratp.

Les syndicats estiment que ces soucis managériaux sont en partie à l'origine des dysfonctionnements chroniques que connaissent les lignes de RER. Un constat partagé par les usagers. "On est convaincu que les problèmes du RER ont une source managériale en grande partie", affirme à BFMTV Muriel Nahmias cofondatrice de l’association des usagers du RER A.

Outre "l'arrêt des méthodes agressives de management", les syndicats réclament aussi le "respect des mesures de sécurité" en cas de colis suspect et "des effectifs en corrélation avec l'offre de transport" sur ces deux lignes cogérées avec la SNCF.

"On est censé faire la même chose avec moins de monde et le niveau de qualité de service exigé n'est jamais atteint. Les conducteurs se font mal voir, mais ils n'ont pas les moyens de garantir la qualité de service avec moins d'effectifs", regrette Laure Thibault (SUD). "Les objectifs fixés" par Ile-de-France Mobilités, qui exerce "une forte pression", sont "trop élevés", renchérit Jean-Luc Prigent, n'excluant pas une nouvelle grève si "les agents du terrain le décident".

Après l'échec d'une première tentative de conciliation la semaine dernière. La direction a proposé une nouvelle réunion le 18 décembre pour, explique-t-elle, "retrouver un collectif de travail serein, propice à une exploitation performante des lignes de RER", se refusant à tout commentaire sur le fond du conflit.

J.M. avec AFP