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Fiat dans le viseur de l'Allemagne pour tricherie à la pollution

Le groupe italo-américain a-t-il triché sur les émissions polluantes? C'est ce que pense l'Agence fédérale allemande de l'automobile (KBA) qui a alerté la Commission européenne et les autorités italiennes.

Le groupe italo-américain a-t-il triché sur les émissions polluantes? C'est ce que pense l'Agence fédérale allemande de l'automobile (KBA) qui a alerté la Commission européenne et les autorités italiennes. - David McNew - Getty Images North America/AFP

"Les autorités allemandes de régulation soupçonnent le groupe automobile italo-américain Fiat Chrysler d'avoir truqué ses moteurs pour déjouer les normes anti-pollution européennes."

Dans l’industrie automobile, les révélations sur la triche aux émissions polluantes continuent leur bonhomme de chemin. Après Volkswagen, Opel et Mitsubishi, c’est au tour de Fiat d’être accusé d’avoir triché pour être raccord avec les normes imposées par la Commission européenne.

Selon un article du journal Bild am Sonntag, les autorités de régulation allemandes portent de lourds soupçons sur le groupe automobile italo-américain Fiat Chrysler, qui serait suspecté d'avoir truqué ses moteurs pour déjouer les normes antipollution. L'Agence fédérale allemande de l'automobile (KBA) a publié un rapport dénonçant ces pratiques, rapport qu’elle a envoyé à la Commission européenne et aux autorités italiennes.

Les méthodes présumées du constructeur italo-américain ont été détectées lors d’une enquête menée en Allemagne sur 16 modèles diesel de différentes marques (Alfa Romeo, Audi, Chevrolet, Dacia, Fiat, Hyundai, Jaguar, Jeep, Land Rover, Mercedes, Nissan, Opel, Porsche, Volkswagen, Renault, Suzuki) vendus en Allemagne sur lesquels portaient des soupçons de triche. Dans ce lot, une Fiat 500X ne limiterait sa pollution que lors des tests.

Pour Fiat, seules les autorités italiennes sont compétentes

Bild am Sonntag explique que le système de filtration des émissions polluantes se désactivait après 22 minutes, soit deux minutes après la fin d'un contrôle antipollution standard. Ainsi, l'oxyde d'azote rejeté dans l'atmosphère était "10 fois supérieur au niveau autorisé", souligne le rapport des autorités allemandes consulté par le journal.

L’enquête de KBA a été lancée à la suite du scandale Volkswagen qui a dévoilé l’installation dans les moteurs des véhicules d’un logiciel qui truquait les tests. Sur les 11 millions de voitures équipées de ce "soft", 630.000 véhicules ont dû être rappelés par la marque allemande. Le groupe allemand a provisionné 16,2 milliards d'euros pour régler le dossier.

Fiat devait s'expliquer jeudi en Allemagne, mais a fait annuler par voie d'avocats son rendez-vous à la dernière minute, selon le gouvernement allemand. Le constructeur a estimé par écrit que seules les autorités italiennes étaient compétentes pour évaluer les émissions polluantes de ses véhicules.

Pour l’heure, la seule réponse de Fiat a été donnée par un porte-parole à l'agence italienne Radiocor. Il assure que "les voitures du groupe étaient conformes en tous points aux normes européennes en vigueur dans l'UE". Difficile d'imaginer que l'Europe se contentera de cette parole.

Pascal Samama avec AFP