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Ventes d'automobiles en Europe : Fiat qui rit et Volkswagen qui pleure

VW figure toujours en tête du marché européen dont il détenait 22,2% en mars 2016, un recul toutefois de 0,8 point par rapport au même mois de 2015 sur fond de scandale aux moteurs diesel truqués.

VW figure toujours en tête du marché européen dont il détenait 22,2% en mars 2016, un recul toutefois de 0,8 point par rapport au même mois de 2015 sur fond de scandale aux moteurs diesel truqués. - Jewel Sawad-AFP

"Volkswagen a vu sa part de marché reculer d'un point au premier trimestre au profit, entre autres, de Fiat. PSA et Renault ne semblent pas avoir profité des déboires de la première marque allemande."

Le marché européen des voitures neuves se porte bien mais tous les constructeurs automobiles n'en profitent pas. Sur les trois premiers mois de 2016, la progression du marché automobile en volume dans l'Union s'établit à 8,2%, totalisant 3,819 millions d'immatriculations, selon l'ACEA (association des constructeurs automobiles européens).

Le groupe VW figure toujours en tête du marché européen dont il détenait 23,3%, mais il recule d'un point par rapport à sa part du premier trimestre 2015 (24,3%). Pour Volkswagen, cette part de marché en Europe seraient la plus basse jamais enregistrée sur un trimestre depuis 5 ans, selon Bloomberg.

Le géant allemand subit depuis plus de six mois le contrecoup du scandale aux moteurs diesel truqués pour passer les tests d'homologation aux États-Unis. La marque Volkswagen est la plus durement touchée par la désaffection des acheteurs, voyant le total de ses immatriculations se replier de 0,5% au premier trimestre, alors qu'Audi (+12,5%) et Skoda (9,5%) font mieux que la moyenne du marché européen (+8,2%).

Dauphin européen, le groupe PSA voit lui aussi sa part s'effriter puisqu'il qu'elle passe de 10,7% à 10,5%. En termes de vente en volume, le score est correct pour PSA sur ces trois mois (+5,4%), sa marque Peugeot progressant un peu mieux (+5,9%) que Citroën (5,4%). 

Troisième en volume sur le Vieux continent, Renault voit ses immatriculations progresser de 6,9% ce qui lui permet de maintenir quasiment sa part de marché dans l'Union à 9,4% sur le premier trimestre 2016 (contre 9,5% en 2015).

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- © Sur les trois premiers mois de l'année, la progression du marché automobile dans l'Union s'établit à 8,2%.Parmi les grands marchés, c'est l'Italie qui a le plus progressé le mois dernier, à +17,4%, suivie par la France (+7,5%) et le Royaume-Uni (+5,3%). Association européenne des constructeurs automobiles (AECA)

Mais le grand gagnant de la bonne conjoncture du marché européen des véhicules neufs est le groupe italo-américain Fiat Chrysler. Fort de gammes renouvelées, Fiat voit ses immatriculations bondir sur le 1er trimestre de 16,7% à 261.317 véhicules, grâce aussi à l'excellente progression des ventes de sa marque Jeep (+24,1%). Globalement, ces bons résultats lui permettent de talonner le groupe Opel (General Motors) qui, avec 265.213 voitures immatriculées, détient encore la 5ème place du marché européen.

Suivent les deux rivaux allemands du luxe: BMW (avec Mini) prend l'avantage en volumes et s'offre une croissance de 11,8% sur le trimestre, tandis que Daimler (Mercedes et Smart) refait légèrement son retard avec 13,2%.

Autres concurrents frontaux, les Japonais Toyota et Nissan. Le numéro un mondial garde l'ascendant en volume sur l'allié de Renault sur le trimestre, mais se fait dépasser en mars pour 3.800 unités. Nissan est toutefois l'un des rares constructeurs dans le rouge (-3,6% le mois dernier, -2,5% sur trois mois).

Parmi les grands marchés nationaux, il semble que Fiat profite aussi à plein de la très bonne tenue de l'Italie qui a bondi, à +20,8%, suivie par la France (+8,2%), l'Espagne (+6,7%) le Royaume-Uni (+5,1%) et l'Allemagne (+4,5%).

Frédéric Bergé