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Faraday Future, le concurrent de Tesla qui prépare l'Autolib’ de luxe

Image teaser de la future voiture électrique

Image teaser de la future voiture électrique - Faraday Future

Interrogé par un journal allemand, le responsable R&D de cette mystérieuse start-up livre quelques informations sur le modèle économique qu'il souhaite mettre en place. La vente de voitures n'y figure pas.

Dans quelques semaines, Faraday Future, la start-up qui veut concurrencer Tesla, va lever le voile sur une partie des mystères qui l’entourent. À l’occasion du salon Consumer Electronic Show à Las Vegas, qui se déroulera du 6 au 9 janvier prochain, le constructeur va montrer un premier prototype de sa future voiture électrique. Mais la véritable innovation se trouve peut-être ailleurs, à savoir dans le modèle économique.

Interrogé par le journal allemand Handelsblatt, Nick Sampson, responsable R&D chez Faraday Future, a livré quelques détails sur la manière dont ce fabricant pensait révolutionner le secteur automobile. Première idée: il ne s’agira pas de vendre des voitures, mais un "quota de mobilité mensuel". Celui-ci permettra à l'usager de prendre place à bord d'un véhicule pour réaliser un trajet, un peu façon "Autolib'" mais en version luxe. "Quand vous entrez dans la voiture, le siège est déjà réglé comme il faut, l'autoradio diffuse votre musique préférée et l'air a la température que vous souhaitez", souligne l'ingénieur.

Une plateforme pour vendre des services

Comme la Tesla, la future voiture de Faraday Future disposera également d'une technologie de conduite autonome sur laquelle la start-up veut s'appuyer pour vendre des services annexes. "Supposons que vous allez de Los Angeles à San Francisco. Ce trajet dure cinq heures, dont quatre seront gérées par la voiture. Pendant ce temps, vous pouvez lire vos emails, regarder un film, lire un livre", poursuit Nick Sampson, qui imagine déjà une série de services multimédias payants au sein du véhicule.

Une autre source de revenus pourrait provenir d'entreprises tierces, par la vente de données de géolocalisation ou de services. "Google gagne beaucoup d'argent aujourd'hui grâce aux données liées aux recherches. Imaginez si l'on pouvait les associer avec votre lieu de vacances ou vos activités. Pour l'entreprise Starbucks, il pourrait être intéressant de savoir qui emprunte quelles routes à quel moment. Ainsi, elle pourrait savoir quel est le carrefour le plus intéressant pour ouvrir une filiale", ajoute le responsable R&D. De la même manière, la voiture pourrait, en fonction du profil du conducteur, suggérer des lieux environnants intéressants pour lui. Elle pourrait également prendre en charge des réservations d'hôtel, de restaurants, etc.

Une vision dépassionnée de la voiture

Bref, Faraday Future voit la voiture électrique avant tout comme une plateforme utilitaire permettant de vendre des services. Une stratégie finalement assez opposée à celle de Tesla, qui mise sur la vente de voitures de sport et la passion de la conduite. Celle-ci ne semble pas être prioritaire chez Nick Sampson. "Il y a cent ans, les voitures ont remplacé les chevaux. Aujourd'hui, les chevaux ne sont plus un moyen classique de transport, mais avant tout une activité de loisirs. [À long terme], il y aura peut-être encore quelques fanatiques qui vont posséder leurs propres voitures et les entreposer dans leur garage. Et ils s'en serviront le week-end pour faire une virée. Mais les moyens de transport usuels seront autres", estime le responsable R&D qui, avant de rejoindre Faraday Future, a travaillé chez Tesla. L'avenir dira si son choix aura été le bon.

Gilbert KALLENBORN