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Faraday Future, la mystérieuse start-up qui veut concurrencer Tesla

Faraday entoure ses projets de mystères et de buzz. Une technique de communication dans laquelle Apple est passé maître depuis des années.

Faraday entoure ses projets de mystères et de buzz. Une technique de communication dans laquelle Apple est passé maître depuis des années. - Site Faraday Future

Cette entreprise de Los Angeles recrute massivement, y compris des pointures chassées chez Tesla ou BMW. Elle prévoit d'investir 1 milliard de dollars dans sa première usine. Et pourtant on ne connaît ni son patron, ni ses sources de financement. Du coup, certains se demandent si elle n'est pas le paravent d'Apple.

Qui est derrière Faraday Future, cette start-up américaine qui veut inventer la voiture du futur? C’est la question que tout le monde se pose en Californie comme chez tous ceux qui s'intéressent à l'industrie automobile dans le monde. Car cette start-up qui ambitionne de rivaliser avec Tesla est loin d'être un petit poucet. Elle n’a certes pas encore d’usine. Mais elle assure disposer d’un budget de 1 milliard pour bâtir son site de production aux États-Unis. Quatre états (Californie, Géorgie, Louisiane, Nevada) lui font d'ailleurs les yeux doux pour qu’elle s’installe sur leurs terres. Mais, jusque là, personne ne sait vraiment qui est derrière Faraday Future.

Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’une société fantôme. Elle dispose déjà d’un site dans les environs de Los Angeles que la presse américaine qualifie de très modeste. Dans ces locaux, de nombreuses machines de production achetées sont encore emballées. 

Des recrues de prestige chassées chez Tesla et BMW

Tout semble avoir été organisé pour passer le plus inaperçu possible. Enfin presque, car l'équipe dirigeante partiellement constituée a été chassée chez les grands constructeurs de l’industrie automobile mondiale.

Nick Sampson a travaillé chez Tesla sur la conception des châssis. Richard Kim, nommé patron du design de Faraday Future, vient de chez BMW où il a travaillé sur la conception de l'i3 et de l'i8. Il y a aussi Tom Wessner, un ex de Tesla Motors qui gère la chaîne d'approvisionnement. Ou Alan Cherry, le numéro deux des RH, qui officiait à un poste presque équivalent chez Elon Musk.

Avant d’intégrer Faraday, les autres pointures de l'entreprise ont toutes travaillé pour Audi, GM, Ford, Volvo, Ferrari ou Land Rover. Bref, des CV prestigieux pour se préparer à conquérir le monde.

Si aucun d’eux ne veut lever le mystère qui entoure le lancement de ce projet, ils créent le buzz aux États-Unis, et désormais en Europe. Déjà, alors qu’apparemment ils n’en sont qu’aux balbutiements de leur projet, les créateurs assurent que les premiers modèles seront présentés dès 2017. Et cela, sans passer par les phases incontournables des concept-car et des prototypes. Personne n'avait jamais osé.

Et il ne s’agit pas de lancer une voiture de plus. Richard Kim, ex-directeur du design de BMW, explique les ambitions du groupe. Pour lui, "l'automobile a traversé une centaine d'années de conception itérative. Elle est devenue baroque, très froufrou et surestimée. Nous voulons faire marche arrière pour simplifier les choses et vraiment conserver la pureté de l'expérience."

Une Apple Car dissimulée derrière un écran de fumée

Pour le moment, personne ne sait qui finance le projet. Une rumeur circule sur le chinois Jia Yueting, fondateur de LeTV.com, un service asiatique concurrent de Netflix, qui il y a un an annonçait son ambition de lancer aux États-Unis en 2017 une voiture électrique concurrente de Tesla. Dans le transport, il n'a pour l'instant qu'un élément à son actif, un vélo connecté.

Mais la stratégie adoptée, faite de mystères et de buzz, fait surtout penser aux méthodes d’une entreprise mondialement connue, spécialisée dans les technologies et qui a des vues sur l’industrie automobile du futur: Apple.

Le groupe californien, qui a largement les moyens d’investir un milliard de dollars, a déjà fait savoir qu’il débauchait à tout va chez Tesla, entre autres. Et déjà pour la presse américaine, la firme de Cupertino est l’ombre qui plane derrière le projet Faraday dont le nom, celui du physicien britannique Michael Faraday, semble être un clin d’oeil à Tesla qui a choisi de rendre hommage à l’ingénieur autrichien Nikola Tesla. Enfin, les propos de Richard Kim, patron du design de Faraday, sur un retour à une extrême simplicité auraient pu être tenus par Jonathan Ive, le designer en chef qui en a fait sa marque de fabrique depuis l'iPod.

Évidemment, Apple reste très discret et n’a fait aucun commentaire sur ce lancement. Quant à Elon Musk, il fait comme si rien ne se passait. Il n'a même pas publié un petit tweet sur ce nouveau concurrent.

Difficile d’imaginer que pour ces groupes, le lancement de Faraday n’aura aucun impact sur leur activité. D’ailleurs, comme le note le site TheNextWeb, les dirigeants de Faraday font tout pour faire croire qu’Apple n’est pas dans la boucle, tout en laissant de petits indices qui pourraient faire penser le contraire. Et si, tout simplement, Faraday était l'Apple Car sur laquelle travaillait déjà Steve Jobs au début des années 2000? Personne n'en a la preuve, mais beaucoup sont déjà convaincus que Faraday sera "une Révolution"!

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco