BFM Business

Exclusif - Deux pistes pour la direction d’Air France

Le patron d'Air France KLM, Benjamin Smith doit nommer un directeur général chez Air France.

Le patron d'Air France KLM, Benjamin Smith doit nommer un directeur général chez Air France. - JOEL SAGET / AFP

Benjamin Smith vient de prendre ses fonctions à la tête d’Air France KLM. Il souhaite aller vite et finaliser la gouvernance de la compagnie. Deux candidats sont affichés pour Air France.

Pas de temps à perdre. Le nouveau directeur général d’Air France KLM, Benjamin Smith, a pris ces fonctions ce lundi. En réalité, lors de ses nombreux allers-retours à Paris ces dernières semaines, il s’est déjà penché sur ses premiers dossiers. Dont le plus brûlant est le choix du futur patron d’Air France, l’actuel directeur général Franck Terner devrait être remplacé. Selon plusieurs sources proches de la compagnie aérienne, celui qu’on appelle « Ben » Smith, réfléchit déjà à celui qui dirigera Air France. Deux noms lui ont été soufflés par la présidente non-exécutive du groupe, Anne-Marie Couderc. Il s’agit de Nathalie Stubler et Bruno Mettling.

La première dirige Transavia, la compagnie low-cost d’Air France. Un succès depuis quelques années qui doit encore se développer. Agée de 50 ans, elle a fait toute sa carrière dans le groupe, occupant des postes opérationnels chez Air France et au niveau de la maison-mère Air France KLM, jusqu’à épauler l’ancien PDG, Alexandre de Juniac. « Elle est crédible, compétente et sait comment développer Air France, explique un cadre du groupe. Et en plus c’est une femme… ». Nathalie Stubler serait un choix idéal pour continuer à développer la flotte de Transavia, plafonnée à 40 avions, et restructurer la filiale de vols régionaux Hop ! Sa candidature semble être soutenue par l’actuel numéro deux du groupe, Frédéric Gagey.

Il a ramené le calme chez Orange

De son côté, Bruno Mettling est administrateur d’Air France depuis quatre ans. Il ne connait pas bien le transport aérien mais son profil de « spécialiste du social » est plébiscité. Il a été directeur des ressources humaines (DRH) de France Télécom pendant six ans après la période des suicides chez l’opérateur. Il a réussi à renouer le contact avec les syndicats et ramener le calme dans l’entreprise tout en accompagnant entre 3.000 et 4.000 départs par an en moyenne. C’est clairement sa « fibre sociale » qui appuie sa candidature même si la présidence du comité d’audit depuis quatre ans lui assure une bonne connaissance d’Air France. Il semble avoir le soutien d’Anne-Marie Couderc qu’il a connu lorsqu’elle dirigeait Presstalis.

Son profil correspond en tout cas au portrait-robot qu’avait dressé, fin août, le porte-parole du gouvernement pour le futur patron d’Air France, amené à devenir le « principal interlocuteur des syndicats ». « Tout bon dirigeant doit avoir à cœur le bien-être des salariés, doit entendre leurs revendications, exprimées parfois par des partenaires sociaux qui les représentent » avait estimé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, fin août. Certains estiment que sa bonne connaissance du contexte social pourrait être utile à Ben Smith.

Le nouveau patron d’Air France KLM semble vouloir aller vite et nommer dans « quelques semaines » le directeur général d’Air France, selon plusieurs sources. Quelques voix s’élèvent toutefois pour lui conseiller de temporiser. « Il va d’abord devoir découvrir l’entreprise et son contexte social, explique un haut dirigeant. Il ne faut pas se presser et céder aux revendications des pilotes ». Fin octobre auront lieu les élections du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Certains craignent que le futur patron soit « un otage politique » et militent pour repousser sa nomination après. D’autres maintiennent que Benjamin Smith doit nommer un patron rapidement chez Air France pour ne pas être dépendant du tempo du SNPL. L’Etat, actionnaire à 14%, reste en tout cas très attentif au choix du nouveau patron de la compagnie.

Matthieu Pechberty