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En Auvergne-Rhône-Alpes, la SNCF perdra jusqu'à 1,2 million si les TER sont en retard

Les TER auront des incitations pour arriver à l'heure.

Les TER auront des incitations pour arriver à l'heure. - Charly Triballeau - AFP

Le nouvelle convention TER signée entre la région et la SNCF prévoit un système de bonus-malus renforcé pour assurer une meilleure régularité des trains.

Plus de sécurité et de ponctualité des trains, avec des pénalités renforcées: les présidents de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de la SNCF, Laurent Wauquiez (LR) et Guillaume Pepy, ont présenté lundi à Lyon la future convention TER, fruit de longues et âpres négociations.

Portant sur période 2017/2022, cette convention d'exploitation, qui doit encore être officiellement validée, va coûter près de 543 millions d'euros à la région. Elle doit notamment permettre "de mettre en place une réduction de 40% du nombre de TER en retard" par rapport à 2016, a assuré Guillaume Pepy devant la presse, soulignant que la SNCF était "beaucoup plus responsabilisée que dans le passé, avec beaucoup plus d'autonomie de gestion et un plan de maîtrise des coûts sévères".

Le nombre de trains annulés divisé par deux

Laurent Wauquiez a mis en avant un objectif de 90% de TER à l'heure en 2020, contre 87,1% en 2016. Le nombre de trains annulés à la dernière minute doit également être "divisé par deux", sous peine de "pénalités systématiques", même en cas de grève des cheminots.

Un système de "bonus-malus" renforcé sera mis en place pour les lignes les plus en difficulté -elles qui relient Lyon à Saint-Étienne, Grenoble et Chambéry. Si l'objectif de régularité annuel n'est pas atteint, les sanctions pourront atteindre 1,2 million d'euros par an et par ligne. A contrario, la SNCF percevra un bonus de 1,2 million d'euros.

En 2015, les retards sur ces lignes avaient coûté 700.000 euros à la SNCF. Avec la nouvelle convention, les pénalités auraient atteint 5,2 millions d'euros, a souligné Laurent Wauquiez.

En matière de sécurité, la nouvelle convention inclut "un doublement des équipes de police ferroviaire", soit 80 agents, et la sécurisation de 123 gares via des caméras de vidéo-protection d'ici la fin du mandat.

Un engagement qui date d'il y a 10 ans

Le projet doit encore être soumis à l'avis du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d'Auvergne-Rhône-Alpes et au vote des élus le 29 novembre. Le conseil d'administration de la SNCF devrait quant à lui valider cet accord à la mi-décembre après avis consultatif du comité d'établissement régional.

"On est allé assez loin dans la notion de résultat et le principe de cette convention va être déployé sur l'ensemble du territoire", a souligné Frank Lacroix, directeur général TER à la SNCF qui négocie actuellement avec d'autres régions.

"Laurent Wauquiez juge révolutionnaire de demander à la SNCF 90% de trains à l'heure... Cela fait 10 ans qu'elle s'y est engagée... sans y arriver! Comment croire encore aux miracles quand la direction de la SNCF détériore ses moyens, année après année", a réagi sur Twitter le porte-parole des élus écologistes à la Région, Jean-Charles Kohlhaas.

"Depuis deux ans la SNCF, pour faire face à la pression financière de la Région, a supprimé les contrôleurs à bord de certains TER, a fermé des guichets et des gares, mais pour quels résultats?", s'est interrogée de son côté la CGT.

J.M. avec AFP