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Emirates accusée de discrimination à l'encontre d'une ex-syndicaliste

La compagnie aérienne Emirates a tenté de licencier Mahchid Modjaverian à trois reprises.

La compagnie aérienne Emirates a tenté de licencier Mahchid Modjaverian à trois reprises. - AFP-Lex-Van-Lieshout

"L'inspection du travail conteste la procédure de licenciement d'une comptable, et estime que la compagnie souhaite "mettre un terme à toute présence syndicale effective dans l'entreprise"."

Emirates cherche-t-elle à museler les syndicalistes CGT? Dans une lettre envoyée vendredi 4 mars à la compagnie aérienne, l’inspection du travail accuse la compagnie de "discrimination syndicale" à l’encontre de Mahchid Modjaverian. Un épisode de plus dans le bras de fer qui oppose la compagnie aérienne Emirates à cette salariée, ancienne déléguée CGT et conseillère prud’homale.

L’inspectrice du travail estime que la compagnie cherche à "mettre un terme à toute présence syndicale effective dans l'entreprise". Il s'agit de la troisième demande de licenciement visant Mahchid Modjaverian depuis 2011.

La compagnie lui reprochait cette fois notamment des "accusations mensongères" et une "obstruction au pouvoir de direction de l'employeur" pour avoir - dans un mail en 2015 à l'inspection du travail - contesté la procédure disciplinaire engagée contre l'actuelle déléguée CGT, qu'elle avait accompagnée à l'entretien préalable à sanction.

"La répression n'a jamais arrêté"

Recrutée comme comptable chez Emirates en 2000, Mahchid Modjaverian a lancé en 2005 une section syndicale SATA-CGT (syndicat d'accueil du transport aérien). En 2011, elle a fait l’objet d’une première procédure de licenciement, invalidée par l’inspection du travail. L’entreprise a de nouveau essayé de la licencier à deux reprises depuis, ce que cette salariée explique par ses prises de position de syndicaliste. "Depuis la création du syndicat, la répression n'a jamais arrêté, la direction ne veut pas de la CGT, que du syndicat maison", a-t-elle d’ailleurs déclaré à l'AFP.

De son côté, Emirates a indiqué qu'un "recours sera[it] introduit contre cette décision" d’interdiction de licenciement rendue par l’inspection du travail vendredi 4 mars. Elle "concerne une salariée qui n'est plus en poste depuis trois ans" et ne dispose au sein de l'entreprise d'aucun "mandat syndical ou électif", argue l’entreprise. L'affaire doit être plaidée le 24 mars devant le tribunal de Bobigny.

A.R. avec AFP