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Des successeurs pour Autolib’ à Paris, la banlieue oubliée?

Le service Autolib' prendra fin le 31 juillet.

Le service Autolib' prendra fin le 31 juillet. - ERIC PIERMONT / AFP

Renault a annoncé ce mercredi le prochain lancement d'une offre d'autopartage à Paris après la fin d'Autolib'. D'autres constructeurs doivent faire de même et mettent eux aussi l'accent sur la capitale, quand Autolib' était disponible dans une centaine de communes.

L'autopartage aiguise les appétits à Paris. Alors qu'Autolib' prendra fin le 31 juillet, les constructeurs et acteurs de la mobilité se positionnent. Déjà, Renault a annoncé ce mercredi le lancement en septembre d'une nouvelle offre en septembre qui mêlera autopartage et VTC, le tout 100% électrique.

D'autres constructeurs comme PSA a annoncé le déploiement de 500 voitures en autopartage dans la capitale d'ici la fin de l'année. Quand à Ada, le loueur de voiture, il devrait expérimenter l'autopartage avec une cinquantaine de voitures dans les 11e et 12e arrondissements. 

Là où Autolib' permettait de trouver une voiture jusqu'à Yerres dans l'Essonne ou à Enghien-les-Bains dans le Val-d'Oise, l'essentiel des nouveaux services va se concentrer sur la zone parisienne. Renault a indiqué ce mercredi vouloir mettre son offre "au service de la métropole", mais le maillage du service qui doit encore être précisé pourrait ne pas être aussi étendu que celui d'Autolib'.

"Au-delà du périphérique, dans la banlieue, dans le reste de la métropole, c'est une grande question, une grande interrogation. Aucune réponse n'est apportée par Renault", lance David Belliard, chef de file des Ecologistes au Conseil de Paris. 

"On met à l'écart la métropole et la région"

Alors qu'Autolib' opérait dans le cadre d'une délégation de service publique, il craint que les intérêts financiers des groupes privés ne l'emportent sur un déploiement territorial homogène. 

"Les opérateurs privés, ils vous disent la mains sur le coeur 'bien sûr j'assurerai un service public, bien sûr j'irai là où les gens en ont vraiment besoin'. Et à la fin c'est une entreprise privée, son objectif c'est de faire des profits. Ils vont aller là où il y a énormément d'argent, là où c'est rentable", estime-t-il. 

A droite, la présidente du groupe LR au Conseil de Paris Florence Berthout critique la précipitation avec laquelle se met en place "un autre système dont on ne sait pas vraiment comment il va fonctionner". "Surtout on met à l'écart la métropole et la région", poursuit-elle.

Une solution à l'échelle de la région? 

Hors de Paris, certains maires qui disposaient de stations Autolib' s'agacent. Ils estiment avoir été mis devant le fait accompli par la décision du Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) de résilier le contrat avec Bolloré. Certains réclament d'ailleurs à ce que Paris, majoritaire au sein du SAVM, assume la facture de la résiliation du contrat Autolib', un service qu'ils auraient voulu conserver.

Sur la question de l'autopartage, Pascal Thévenot, maire LR de Vélizy, souhaiterait que la région "puisse en prendre la gestion avec toutes les communes".

"Là du coup on aura un maillage qui ne sera pas partisan. Anne Hidalgo, elle a une vision qui est plus idéologique et qui du coup laisse plutôt tout le monde de côté", estime-t-il.

En séance plénière devant le conseil régional mardi, Valérie Pécresse a dit vouloir "accompagner l'arrivée de nouveaux types de mobilités". Comme le rapporte l'AFP, la présidente de la région Ile-de-France a annoncé le lancement début 2019 d'un label d'autopartage "afin de définir des conditions à remplir pour avoir un service homogène et fiable sur l'ensemble du territoire francilien". D'ici là, d'autres services d'autopartage devraient avoir fait leur entrée. 

Carole Blanchard