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Ces salariés qui s'opposent à la vente aux Chinois de l'aéroport de Toulouse 

L'ouverture partielle du capital de l'aéroport de Toulouse Blagnac doit servir de test pour faire de même à Lyon, Nice, bordeaux...

L'ouverture partielle du capital de l'aéroport de Toulouse Blagnac doit servir de test pour faire de même à Lyon, Nice, bordeaux... - Pascal Pavani - AFP

L'Etat a entamé un processus de privatisation partiel qui doit permettre au consortium chinois Symbiose de prendre 49,9% du capital. Mais la méthode est jugée trop opaque par le comité d'entreprise qui a voté contre la vente.

Les élus du comité d'entreprise de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ont dit non au projet de vente de 49,99% des parts du capital détenues par l'Etat. Ce n'est pas le projet industriel du consortium chinois Symbiose qui est réellement en cause mais bien la méthode de l'Etat pour ouvrir le capital de l'aéroport.

La méthode est jugée trop opaque. Les représentants du personnel remettent notamment en cause la procédure d'appel à candidatures. Ils reprochent le manque de concertation sur le choix du repreneur. Selon le représentant de l'intersyndicale, les informations leur ont été délivrées au compte-goutte et le niveau de confidentialité est très élevé.

Des craintes sur les aspects sociaux

A Bercy, on fait valoir une procédure suivie à la lettre et bétonnée au niveau juridique. Mais sur le terrain, ces arguments ne passent pas. Le personnel est inquiet et demande toujours des précisions sur les objectifs de l'opération.

"La structure financière est saine, équilibrée, stable et pérenne. Demain, l'exigence du cahier des charges d'un projet économique ambitieux pourrait fragiliser cette robustesse. Cette ambition ne se retrouve pas aussi clairement sur les aspects sociaux", s'inquiète le comité d'entreprise dans son communiqué. 

Un avis consultatif

L'avis des sept élus du CE, rendu le 16 février, n'est cependant que consultatif. Les élus du personnel ne sont donc pas en mesure de bloquer la privatisation partielle de l'aéroport. Mais c'est néanmoins de mauvais augure pour l'avenir puisque Toulouse sert de test pour la privatisation d'autres aéroports. Car l'Etat veut mieux gérer ses participations afin de se désendetter et réinvestir dans d'autres priorités industrielles. Dans le projet de loi Macron, les députés ont adopté un amendement qui vise à privatiser les aéroports de Nice et Lyon. Selon les syndicats, malgré la volonté de transparence du ministre de l'économie, toutes ces privatisations sont mal engagées. 

Hélène Cornet avec BFMbusiness