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Ce que le Brexit risque de coûter aux usines automobiles françaises

La chute des ventes de véhicules d’origine française mettrait en danger 1800 emplois sur les 5000 directement liés aux exportations vers la Grande-Bretagne.

La chute des ventes de véhicules d’origine française mettrait en danger 1800 emplois sur les 5000 directement liés aux exportations vers la Grande-Bretagne. - Sébastien BOZON - AFP

Selon une étude de Deloitte, 1800 emplois seraient menacés dès 2019 à cause de la chute des ventes causée par l'augmentation de taxes d'exportation qui pourrait faire grimper le prix en Grande-Bretagne.

En se coupant de l’Union européenne, la Grande-Bretagne ne menace pas seulement le secteur automobile britannique. Les conséquences du Brexit dans ce secteur pourrait aussi avoir des répercussions dans le reste de l’Europe, notamment en France. Dans une étude titrée "Brexit Briefing", le cabinet Deloitte estime qu’en 2019, 1800 emplois français risquent de disparaître sur les 5000 directement liés aux exportations vers le Royaume-Uni d'automobiles assemblées dans les usines européennes.

La suppression de ces emplois est la conséquence d’un effet domino qui démarre par une chute d’au moins 10% de la livre sterling depuis 2016, puis la création de nouvelles taxes britanniques d’environ 10% envisagées par l'Organisation Mondiale du Commerce. Cette situation conduira à une augmentation de 21% sur le prix des véhicules, soit une augmentation moyenne de 4000 euros par véhicule produit en France.

Une perte de 1,7 milliard d'euros

Cette hausse des prix aurait donc un effet direct sur l’exportation de voitures françaises vers la Grande-Bretagne. En cas de "hard Brexit", la France n'exportera plus que 147.000 véhicules au lieu des 230.000 prévus en 2019, soit une baisse de 36%. Un manque à gagner de 1,7 milliard d'euros, les ventes passant de 4,7 à 3 milliards d’euros.

Dans son étude, le cabinet estime que "seule la production locale britannique et des régions hors Europe bénéficierait de la situation post Brexit, avec des ventes et un chiffre d’affaires en augmentation de respectivement 11%".

Pascal Samama