BFM Business

Cartel: Volkswagen assure que les échanges entre constructeurs sont "habituels"

Le constructeur s'est exprimé sur les soupçons d'entente

Le constructeur s'est exprimé sur les soupçons d'entente - Philipp von Ditfurth / dpa / AFP

Le groupe automobile a indiqué ne prendre "aucune position" sur les soupçons d'entente. Il a assuré que les "échanges" entre constructeurs étaient "habituels".

Le géant de l'automobile Volkswagen a déclaré ce mercredi ne prendre "aucune position" sur les soupçons d'entente avec les autres constructeurs allemands, tout en défendant les "échanges" entre constructeurs, "habituels" "sur les questions techniques". Le numéro un mondial de l'automobile, qui avait convoqué ce mercredi après-midi un conseil de surveillance extraordinaire, a indiqué ne prendre "pour l'instant aucune position" sur ces soupçons d'entente avec d'autres constructeurs, révélés par la presse allemande, selon un communiqué diffusé à l'issue de ce conseil.

Le groupe de Wolfsburg (nord) a en revanche insisté sur le fait qu'il est "habituel dans le monde entier que les constructeurs échangent sur les questions techniques afin d'accélérer la rapidité des innovations et leur qualité". "Fondamentalement, il est nécessaire dans de nombreux cas, et ce n'est pas critiquable, de discuter de la faisabilité et (...) de la standardisation des solutions techniques en ce qui concerne les nouvelles technologies disponibles, pour lesquelles aucune directive régulatrice n'est (encore) valable", insiste Volkswagen.

Volkswagen s'est dénoncé en juillet 2016

De telles coopérations "ont été notamment conclues dans le passé entre différents constructeurs dans des secteurs et sur des thèmes (relatifs à) des constituants non concurrentiels (...) et qui ne déterminaient ni ne restreignaient la concurrence des marques", poursuit le communiqué.

Selon des informations de la presse allemande, Volkswagen, Audi et Porsche - trois marques du groupe Volkswagen -, mais aussi BMW et Daimler ont tenu depuis les années 1990 des réunions secrètes dont l'objectif était de se concerter sur plusieurs technologies et notamment sur la réduction des émissions polluantes des voitures diesel. La Commission européenne a indiqué qu'elle examinaient ces informations.

Volkswagen se serait ainsi dénoncé aux autorités anti-cartel en juillet 2016 dans l'espoir d'obtenir un peu de clémence de la part des gendarmes de la concurrence, selon le magazine Der Spiegel. Mais selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, Daimler se serait dénoncé "nettement plus tôt" que Volkswagen. Dans son édition à paraître jeudi, la Süddeutsche écrit que Daimler se serait ainsi dénoncé auprès de la commission européenne "au plus tard courant 2014".

Plusieurs enquêtes en cours

"Depuis au plus tard 2014, une auto-dénonciation de Daimler" a été déposée à Bruxelles mais "aucune procédure n'a pourtant été ouverte jusqu'à présent", écrit le journal de Munich (sud). Daimler a "dans le même temps" informé les autorité de la concurrence allemande. Selon une porte-parole de la Commission, citée par le quotidien allemand, l'Union européenne a découvert dans les dix dernières années neuf cartels dans le secteur automobile, sanctionnés à hauteur de six milliards d'euros d'amendes.

Plusieurs enquêtes sur de possibles cartels automobiles sont par ailleurs en cours, a-t-elle ajouté, sans donner de détails. S'ils se vérifiaient, les soupçons de cartel pourraient coûter plusieurs milliards d'euros à l'ensemble des constructeurs allemands. Savoir qui a communiqué aux autorités revêt donc un enjeu important pour les constructeurs : la première entreprise membre d'un cartel qui communique aux autorités européennes des preuves internes de l'existence d'une entente illégale se voit en effet exemptée d'amende.

P.L avec AFP