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Carlos Ghosn se succédera à lui-même au poste de PDG de Renault

Carlos Ghosn ne lâchera finalement pas la direction générale de Renault en juin.

Carlos Ghosn ne lâchera finalement pas la direction générale de Renault en juin. - ERIC PIERMONT - AFP

VIDÉO - Le Brésilien devrait garder ses fonctions opérationnelles chez Renault au-delà de la date initialement prévue de la transmission, juin 2018. Carlos Ghosn continuerait de tenir la barre le temps de former son futur numéro 2.

La succession de Carlos Ghosn sera au menu du conseil d’administration de Renault jeudi. Il y a six mois, le PDG de Renault et Nissan affirmait vouloir prendre de la hauteur. Il devait passer la main en juin 2018. Mais faute de dauphin désigné, sa succession va prendre un peu plus de temps que prévu.

Jeudi, "il y aura un vote de résolution proposant le renouvellement de Carlos Ghosn. Nous, État, on devrait évidemment voter pour cette résolution", a confirmé à l'AFP un porte-parole de Bercy.

Il était initialement prévu qu'au printemps, Carlos Ghosn lâche l'opérationnel -la direction générale- mais garde la présidence du groupe, comme il l'a déjà fait chez Nissan et Mitsubishi. Finalement, il devrait être reconduit pour un quatrième mandat au poste de PDG. Mais il a fallu se rendre à l'évidence. Renault privilégiant une candidature interne, faute d'avoir désigné un numéro 2, la succession ne peut intervenir aussi rapidement que prévu. En effet, depuis le départ de Carlos Tavares pour PSA en 2013, Carlos Ghosn n'avait repris personne sous son aile.

Thierry Bolloré deviendrait PDG... à terme

Or le successeur de Carlos Ghosn devra apprendre au plus près de ce dernier à diriger Renault, une entreprise pas comme les autres. Le constructeur est particulièrement délicat à piloter dans la mesure où il est intégré à une alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi. Une alliance qu'il ne faut pas prendre le risque de déstabiliser. En outre, Carlos Ghosn répétait depuis plusieurs semaines qu'avant de lâcher le poste de directeur général, il voulait rendre l'alliance impossible à détricoter.

Jeudi, le conseil d'administration devrait donc renouveler le mandat de PDG de Carlos Ghosn, et surtout nommer ce numéro 2. Ce sera Thierry Bolloré, l'actuel directeur délégué à la compétitivité du groupe Renault. La route s'est dégagée pour lui avec le départ annoncé d'un autre prétendant, l'allemand Stefan Mueller, actuel directeur délégué à la performance.

Thierry Bolloré dispose de nombreux atouts qui en font un candidat très sérieux. Il connait parfaitement le fonctionnement de l’Alliance, il a coutume de travailler avec les Japonais, et surtout, il est Français. Une condition non-négociable pour prendre les rênes du constructeur, fixée par l’État qui détient 15% de Renault.

En plus de cocher toutes les cases, il dispose d'un dernier avantage non-négligeable: Thierry Bolloré s’entend bien avec Carlos Ghosn. Les deux hommes se sont connu à l’époque où ils travaillaient pour Michelin. C’est même Carlos Ghosn qui a convaincu Thierry Bolloré de rejoindre Renault en 2012.

Mathieu Sevin, édité par N.G.