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Carlos Ghosn: "On ne peut pas continuer à produire des voitures qui ne sont pas commandées"

Carlos Ghosn réaffirme la nécessité d'améliorer la compétitivité de ses usines.

Carlos Ghosn réaffirme la nécessité d'améliorer la compétitivité de ses usines. - -

Le PDG de Renault Nissan a affirmé, jeudi 27 septembre, sur BFMTV et RMC qu’aucun plan social n’était programmé au sein de son groupe. Mais pour assurer le maintien des activités en France, il réclame des accords de compétitivité avec les partenaires sociaux.
Reportage vidéo : Sandra Gandoin

Deux jours avant l'ouverture du Mondial de l'automobile, le PDG de Renault Nissan est venu évoquer la situation du groupe sur l’antenne de BFMTV-RMC.

Le ralentissement du marché de l’automobile en Europe est au cœur de ses préoccupations. "Pour l’année 2012, nous prévoyons un recul des immatriculations d’environ 12 à 13% en France et de 8 % en Europe". Mais "la crise est européenne. Il nous reste des poches de croissance puisque le marché mondial est en hausse de 5%", a-t-il ajouté.

"Nous sommes dans l’attente de voir comment évolue le marché européen. Est- ce juste une bourrasque avec laquelle nous pouvons composer ? Ou bien un tunnel qui va durer 3 ou 4 ans? Si tel est le cas, les baisses de capacités en Europe seront alors inévitables", explique Carlos Ghosn.

Pour le moment aucune fermeture d’usine ou de plan de réduction d’effectifs n’est acté, bien que les usines de Renault tournent actuellement à 62 % de leur capacité de production, un seuil qu’il qualifie encore de "gérable".

La décision de réduire les effectifs dépendra donc des chiffres prévisionnels. "Notre décision d’adapter l’outil de production dépend des prévisions pour 2013/2014. Pour l’instant rien n’est prévu. Mais il est certain que l’on ne peut pas continuer à produire des voitures qui ne sont pas commandées".

Améliorer la compétitivité

Même si il n’est pas encore question de réduire les effectifs, les salariés vont devoir adapter leur mode de travail et faire preuve de plus de flexibilité.

"Le dialogue est nécessaire avec les partenaires sociaux pour traiter ce problème en France, car sans cela, nous pouvons hésiter à maintenir nos investissements dans l’Hexagone ". Il reconnait que des discussions sont déjà engagées. " Cela m’étonnerait que l’on arrive à un blocage, chacun sait que cela va dans le bon sens. Car en échange de ces modifications, le salarié est assuré de la pérennisation de son poste".

Mais l’amélioration de la compétitivité ne dépend pas uniquement des concessions obtenues de la part des salariés. Le gouvernement aussi a un rôle à jouer. "Nous demandons une réduction des charges sur le travail. Il ne s’agit pas d’obtenir le même niveau que la Turquie par exemple, mais celui de pays de niveau comparable à la France, comme l’Allemagne".

"Nous devons exprimer les handicaps que nous subissons, et laisser les politiques décider", conclut Carlos Ghosn.

Coralie Cathelinais