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Carburants: plus que 20% des stations en rupture totale ou partielle

Les stations reprennent du service.

Les stations reprennent du service. - Pascal Pavani - AFP

"La situation s'améliore progressivement: ce jeudi, seules un peu plus de 2.000 stations-service connaissaient des difficultés d'approvisionnement."

Que les automobilistes se rassurent, la France ne va pas manquer d'essence. "Les automobilistes se sont précipités pour remplir leur réservoir - la consommation a été de trois à cinq fois supérieure à la demande normale. Mais comme ils ne consomment pas tout de suite ce carburant, le phénomène est en train de se tasser", explique Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières. "Le mécanisme est en train de s'autoréguler. Pour le moment, il n'y a pas d'inquiétude à avoir".

Ce jeudi, environ un cinquième des quelque 11.500 stations-service recensées en France étaient encore en rupture partielle ou totale d'approvisionnement selon l'Ufip. Environ "20%" des stations-service du pays sont touchées en ricochet par les protestations menées contre le projet de loi Travail.

La situation ne s'aggrave pas

"Globalement, la situation s'est améliorée dans l'Ouest et dans le Nord (...). À Paris, ça reste tendu, ça s'est stabilisé hier (mercredi), et en région PACA ça reste aussi tendu, ça ne s'aggrave pas", a confirmé pour sa part le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, sur Europe 1.

Total a indiqué que dans son réseau de 2.200 stations, plus d'un tiers d'entre elles étaient en rupture totale (353 stations) ou partielle (431), tandis que 72 avaient été réquisitionnées par les autorités pour approvisionner les services prioritaires, d'après un point de la situation à 12H30.

Selon l'Ufip, six raffineries sur les huit que compte la France étaient à l'arrêt ou tournaient au ralenti jeudi: les cinq raffineries de Total (Feyzin, Gonfreville-L'Orcher, Grandpuits, Donges, La Mède) et la raffinerie Petroineos à Lavera (partiellement sous maintenance) tandis que les deux sites d'Esso (ExxonMobil) à Port-Jérôme-Gravenchon et Fos-sur-Mer fonctionnaient normalement.

3 jours de stocks stratégiques utilisés

Par ailleurs, un seul des neuf dépôts opérés par Total, sur une centaine en France, était bloqué jeudi, celui de Portes-lès-Valence (Drôme). Le groupe a mobilisé un millier de camions pour charger du carburant dans les dépôts accessibles, contre 900 mercredi et 350 en temps normal. "Cette opération de ravitaillement représente plus de 1,6 million de pleins de 35 litres", a indiqué l'entreprise.

Face à ces problèmes d'approvisionnement, l'État a déjà utilisé trois jours de stocks stratégiques de produits pétroliers sur les 115 disponibles. À la question de savoir si ces réserves étaient ponctionnées pour le quatrième jour consécutif jeudi, Alain Vidalies a répondu sur Europe 1: "Non, pas du tout. On a pris trois jours depuis le début de la crise, et encore non pas parce qu'on manquait de stocks, mais parce que ça permettait d'accélérer la desserte des stations et donc on a autorisé à passer de 115 jours de réserves à 112 jours".

Des chargements sont effectués également auprès de raffineries frontalières, notamment en Belgique, pour approvisionner le nord de la France, par exemple, a expliqué l'Ufip.

J. M. et D. L. avec AFP