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Ayrault reprend en main le dossier PSA

Le Premier ministre veut déminer le dossier PSA (Photo : AFP)

Le Premier ministre veut déminer le dossier PSA (Photo : AFP) - -

Alors que le gouvernement présentera, le 25 juillet, son plan de soutien à la filière automobile, le Premier ministre reçoit ce lundi 23 le président de PSA Peugeot Citröen. Objectif de Matignon: déminer le dossier avant la rentrée de septembre.

Jean-Marc Ayrault recevra lundi 23 juillet en fin d'après-midi le président de PSA Peugeot Citröen, Philippe Varin. Ce rendez-vous a été annoncé par Matignon vendredi seulement.

Il va intervenir au début d’une semaine chargée sur le front industriel et social. Mercredi, le gouvernement présentera son plan de soutien à la filière automobile, annoncé par François Hollande lors de son intervention télévisée du 14 juillet.

Le 25 juillet également, le comité central d’entreprise de PSA se réunira à nouveau pour examiner le plan social révélé voici deux semaines par la direction du groupe. Il prévoit 8000 suppressions de postes et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois.

L’expert gouvernemental, nommé pour auditer l’avenir de la production automobile française, devrait, lui, rendre ses conclusions quelques jours plus tard.

Eviter que le dossier PSA ne plombe la rentrée sociale

Le rendez-vous entre Ayrault et Varin n’était pourtant pas prévu initialement. Mais Matignon a décidé de reprendre la main sur un dossier qui s’envenime dangereusement après une semaine particulièrement tendue.

Vendredi 20 juillet, dans une interview au Figaro, Thierry Peugeot, le président du conseil de surveillance de PSA, a dénoncé les attaques dont est l’objet sa famille de la part d’Arnault Montebourg.Thierry Peugeot n’a pas hésité à évoquer les risques d’OPA étrangères sur PSA.

Mercredi dernier, le ministre du Redressement productif lançait en effet: "Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l’alliance avec GM et le comportement de l’actionnaire." Le ministre a également parlé de "mensonge et de dissimulation" de la part de la famille qui détient toujours 25% du capital du groupe.

L’opposition a immédiatement saisi la balle au bond en dénonçant l’attitude inutilement agressive du ministre. "Arnaud Montebourg est en train de porter atteinte à notre économie", a déclaré, vendredi, Jean-François Copé, le patron de l’UMP.

L’Elysée et Matignon ont donc décidé de calmer le jeu pour ne pas être accusé de déstabiliser l’industrie française. Surtout, l’exécutif souhaiterait que le dossier PSA puisse être rapidement réglé afin qu’il ne "pollue" pas la rentrée de septembre. Cette dernière s'annonçant déjà difficile sur le terrain économique et social.

Patrick Coquidé