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Autoroutes: le plan de relance menacé par le gel des tarifs

Le gouvernement a suspendu la hausse des prix des péages, prévue le 1er février.

Le gouvernement a suspendu la hausse des prix des péages, prévue le 1er février. - -

Le gel provisoire des tarifs autoroutiers, annoncé mardi 27 janvier, a plongé les sociétés concessionnaires dans l’incertitude. Mais aussi les investisseurs, qui voient les perspectives de relance du secteur s’éloigner.

La bataille des autoroutes est donc relancée, avec la décision du gouvernement de geler - provisoirement - la hausse des prix des péages, qui devait intervenir le 1er février prochain. Une annonce très peu appréciée par les sociétés d’autoroutes, qui ont immédiatement annoncé qu'elles allaient lancer une "procédure" contentieuse contre l'Etat.

Les titres Vinci et Eiffage, qui avaient dévissé en bourse la veille sont encore dans le rouge ce 28 janvier. Car les marchés ont réagi brutalement à cette annonce, mais aussi à ce qui pourrait éventuellement en découler.

Joint par BFM Business, l'un des acteurs de la profession qui raconte la journée d'hier. "Nous avons reçu près d'une centaine d'appels d'investisseurs affolés. Certains nous ont dit : "Vous nous avez menti"'.

Le plan de relance autoroutier cristallise les inquiétudes

Au coeur des interrogations : le fameux plan de relance de 3,5 milliards d’euros, récemment validé par Bruxelles et prévoyant la rénovation et la modernisation des autoroutes. Le tout moyennant un allongement des concessions. Une véritable bouffée d'oxygène pour la profession...s’il est effectivement mis en place. "Nous pensions que tout était au clair avec l'Etat, que le plan était validé de longue date". Voilà le type de question auxquelles ont régulièrement droit les sociétés concessionnaires, qui répliquent à chaque fois la même chose : "Oui, tout était au clair pensions-nous. Simplement c'est l'Etat qui aujourd'hui change les règles du jeu".

La décision du gouvernement annoncée hier a ainsi froissé les marchés, y compris dans la méthode. Mais au-delà de cette annonce, les investisseurs s'interrogent surtout les possibles effets collatéraux, et leurs conséquences sur les groupes concernés. Le plan de relance sera-t-il oui ou non décliné, et qu'adviendra-t-il des actuels contrats de concession ?

Guillaume Paul avec Y.D.