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Autolib': le document qui acte le divorce

Dans cette délibération, le SAVM résume les raisons qui le conduise à demander la résiliation du contrat avec Bolloré.

Dans cette délibération, le SAVM résume les raisons qui le conduise à demander la résiliation du contrat avec Bolloré. - BFM Paris

Ce jeudi après-midi, le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole proposera à ses élus membres la résiliation du contrat avec l'exploitant Bolloré. La délibération que BFM Paris s'est procurée liste les raisons qui le pousse à mettre fin au contrat et à signer la fin d'Autolib'.

Sept ans après sa mise en place, Autolib' vit sans doute ses derniers instants. Ce jeudi après-midi, le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) se réunit et devrait acter le divorce avec le groupe Bolloré. Il sera proposé aux élus membres de résilier le contrat liant le SAVM à l'industriel. BFM Paris a pu se procurer la délibération sur laquelle les élus plancheront. Il résume en dix pages l'échec du service et énonce les raisons pour lesquelles le syndicat demande la résiliation. 

Le SAVM reprend les objectifs initiaux promis par le groupe Bolloré: un nombre d'abonnés en croissance jusqu'en 2019, une durée de location moyenne de 50 minutes par trajet ou encore un chiffre d'affaires dépassant les 100 millions d'euros annuels à partir de 2016.

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autolib © BFM Paris

Aucun de ces objectifs n'a été atteint. Sur les objectifs financiers, le service est même aujourd'hui largement déficitaire. Après avoir annoncé un manque à gagner de 179 millions d'euros il y a deux ans, le groupe Bolloré l'estime aujourd'hui à près de 300 millions d'euros. Dans sa délibération, le SAVM estime avoir été "très surpris de cette forte détérioration des comptes et n'a pas été en mesure d'agréer ce plan d'affaires". 

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autolib © BFM Paris

Le refus du syndicat de payer le déficit

C'est cette question financière qui est au coeur du bras de fer entre le SAVM et Bolloré. Le groupe, réclame en effet 46 millions d'euros par an jusqu'en 2023 aux communes. Mais le syndicat l'écrit noir sur blanc, il ne paiera pas pour combler le déficit d'Autolib'.

"Il est proposé au comité syndical de refuser de procéder au versement de la compensation financière demandée par le délégataire et d'en tirer les conséquences contractuelles".

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Autolib © BFM Paris

Le syndicat envisage désormais un protocole de sortie avec Bolloré. De son côté, Bolloré s'est défendu ses derniers jours d'avoir dissimulé la situation financière du service d'autopartage. Dans Le Parisien, Marie Bolloré, dirigeante d'Autolib' a dénoncé en début de semaine "l'inaction du syndicat mixte".

"Nous avions alerté sur le déficit et sur l'urgence de prendre des mesures pour relancer le service et innover. C'était fin décembre 2016, et la seule réponse qu'a eue le syndicat mixte, c'est de commander un audit au cabinet Ernst&Young", s'agaçait-elle.

Le groupe soutient avoir proposé des solutions pour faire évoluer le service. Mercredi, Autolib' a appelé ses 150.000 abonnés à se mobiliser en signant une pétition en ligne pour s'opposer à sa suppression. Si la résiliation est actée, le service pourrait s'arrêter dans les prochains jours. La fin d'Autolib' pose aussi la question de l'avenir des salariés du groupe. Le syndicat réclame leur reclassement au sein du groupe Bolloré.

C. B avec Jean-Baptiste Graziani, Barthélémy Bollo