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Alstom : une nationalisation finalement rentable

Le groupe affichait près de 2 milliards d'euros de perte

Le groupe affichait près de 2 milliards d'euros de perte - -

En 2004, le gouvernement a aidé Alstom, au bord du gouffre. Une opération, qui n’a pas été sans conséquence, mais qui a permis de sauver ce géant qui emploie 75 000 personnes.

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, agite la menace d'une nationalisation temporaire du site de Florange. Alors coup de bluff ou réelle menace? En tous cas, il y a des exemples de nationalisation qui ont réussi en France. Comme celle d'Alstom il y a seulement 8 ans.

Les critiques commencent à fuser mais Arnaud Montebourg a pour lui ce modèle. Nous sommes en 2004 et le ministre de l'Economie est Nicolas Sarkozy. Alstom, le constructeur de TGV, l'un des fleurons industriels français, est au bord de la faillite. Le groupe affiche des pertes record de quasiment 2 milliards d'euros.

Pour le gouvernement de droite de l'époque, il est inconcevable de laisser couler un tel géant. Alstom, c'est 75 000 salariés dans le monde. Mais surtout, des dizaines de banques seraient directement affectées par la chute du groupe.

Plus-value de plus d'un milliard d'euros

Les négociations sur le plan de sauvetage et une recapitalisation de 2,2 milliards d'euros ont duré plusieurs mois. La plus grande difficulté pour Nicolas Sarkozy a été de convaincre la Commission européenne.

Au final, la principale condition imposée par Bruxelles est que l'Etat sorte du capital d'Alstom au bout de 4 ans maximum. Ce qu'il fera avant la date limite lorsque Bouygues a racheté en 2006 les parts de l'Etat français.

Certes, le redressement d'Alstom ne se fera pas sans casse : cessions d'activités et suppression de 20% de ses effectifs. Mais aujourd'hui Alstom est sauvé, son carnet de commandes est bien rempli et la plus-value réalisée par l'Etat grâce à cette opération dépasse le milliard d'euros.

Isabelle Gollentz