BFM Business

Air Berlin pourrait s'allier à Lufthansa

Depuis 2008, Air Berlin n'est sorti du rouge qu'une seule fois.

Depuis 2008, Air Berlin n'est sorti du rouge qu'une seule fois. - John McDougall - AFP

Thomas Winkelmann, patron de la compagnie aérienne allemande, estime qu'Air Berlin doit "trouver un partenaire en 2017". Et son concurrent historique apparaît parmi les alliés "possibles".

Le patron d'Air Berlin, la compagnie aérienne allemande acculée par ses difficultés financières, s'est dit ouvert à un rapprochement avec son principal concurrent. "Nous devons trouver un partenaire en 2017 et Lufthansa est l'un des quelques (partenaires) possibles", a déclaré Thomas Winkelmann dans un entretien accordé à l'hebdomadaire die Zeit à paraître jeudi. "J'examine tout ce qui fait sens pour Air Berlin et qui sécurise les emplois à long terme", a ajouté le dirigeant.

Ex-patron de Germanwings (groupe Lufthansa), Thomas Winkelmann a également rejeté en bloc l'accusation selon laquelle il ferait tout pour mettre à terre la compagnie berlinoise afin que celle-ci passe à moindre coût dans le giron de son ancien employeur.

Lors de la présentation de son bilan financier pour 2016, exercice qui s'est soldé par une nouvelle perte nette historique de 782 millions d'euros, Air Berlin avait déjà indiqué chercher de nouveaux partenariats, alors que le secteur aérien est en pleine refonte.

De l'argent frais régulièrement injecté

Depuis 2008, Air Berlin n'est sorti du rouge qu'une seule fois. L'entreprise doit sa survie à l'argent frais régulièrement injecté par Etihad, son principal actionnaire. Selon la presse allemande, la compagnie du Golfe pourrait se lasser d'avoir à éponger ses dettes et céder ses parts à Lufthansa, des informations que les deux groupes n'ont jamais confirmées.

L'an dernier, Air Berlin a entamé une profonde restructuration qui l'a conduite à réduire sa flotte de près de moitié, à 75 appareils, et à diviser par trois le nombre de ses dessertes. La compagnie a notamment isolé son activité touristique à destination des stations balnéaires afin de se recentrer sur le haut de gamme et le long-courrier, et a loué 38 avions (avec équipages) à Lufthansa, tout en annonçant la suppression de 1.200 postes, soit un septième de ses effectifs.

Dans l'entretien qu'il a accordé au Zeit, Thomas Winkelmann présente par ailleurs ses excuses aux clients de la compagnie pour avoir trop souvent failli à ses engagements en matière horaire. Air Berlin est en effet confrontée depuis mars à de nombreuses annulations et d'importants retards de vols, imputés à des problèmes rencontrés par Aeroground, un nouveau sous-traitant chargé de gérer les bagages. Un véritable "chaos" qui lui vaut souvent la une de la presse allemande. Lundi dernier, jour férié pour la Pentecôte, Air Berlin a encore dû supprimer sept vols, selon l'agence DPA.

D. L. avec AFP