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Aérien: l'avenir s'assombrit encore pour Alitalia

Un avion de la compagnie aérienne italienne Alitalia. (image d'illustration)

Un avion de la compagnie aérienne italienne Alitalia. (image d'illustration) - Andreas Solaro - AFP

La perspective d'un sauvetage par un consortium mené par FS (la SNCF italienne) s'éloigne, tandis que l'allemand Lufthansa renonce à investir.

La compagnie aérienne italienne Alitalia est plus que jamais au bord du gouffre. Dans le rouge depuis des années, placé sous tutelle de l'Etat transalpin, le groupe cherche un ou des repreneurs qui jettent les uns après les autres l'éponge.

Ainsi, le groupe public italien des chemins de fer, Ferrovie dello Stato (FS), qui a tenté un temps de constituer un consortium pour sauver Alitalia, a annoncé mercredi sa volonté de renoncer. "Pour nous, cette procédure est close, nous sommes sortis de l'opération", a déclaré son patron, Gianfranco Battisti, devant une commission parlementaire.

Sollicité par le gouvernement, FS avait déposé le 31 octobre une offre assortie de conditions strictes, comme le fait de ne pas prendre le contrôle majoritaire d'Alitalia et de trouver d'autres investisseurs, dont une compagnie aérienne de premier plan.

De son côté, l'allemand Lufthansa qui avait un temps considéré la possibilité d'investir dans la compagnie a décidé de ne pas sortir le chéquier pour le moment, soulignant qu'Alitalia avait besoin d'une lourde restructuration.

300 millions d'euros de pertes par an

Enfin, aucun des quelque 30 acteurs financiers contactés pour un éventuel investissement n'a donné de retour positif.

Des contacts sont néanmoins en cours avec l'américain Delta qui s'était dite prête à investir 100 millions d'euros et prendre 10% du capital. Le gestionnaire italien d'autoroutes et aéroports Atlantia (famille de Luciano Benetton) a également été approché mais sa mise l'effondrement meurtrier du pont de Gênes à l'été 2018 le met dans une situation très délicate.

"Nous nous trouvons sur une route étroite et difficile", a reconnu mercredi le ministre du Développement économique, Stefano Patuanelli, lors d'une audition devant la commission Transports de la Chambre des députés italienne. "Les possibilités du commissaire (nommé par le gouvernement pour gérer la compagnie, de trouver une solution) ne sont pas infinies", a-t-il ajouté.

Il faut dire qu'Alitalia n'est pas vraiment attractif. La compagnie aux 11.000 salariés a transporté seulement 22 millions de passagers en 2018, contre 91 millions pour Easyjet, 142 millions pour Ryanair et quelque 180 pour Lufthansa et Delta Airlines.

En Italie, son propre pays, sa part de marché plafonne à 14%, loin derrière les 25% de Ryanair. Elle perd environ 300 millions d'euros par an. Surtout, elle n'a céssé de perdre des 'slots', ces créneaux horaires aéroportuaires qui constituent un des actifs les plus valorisables d'une compagnie.

OC avec AFP