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A quoi devrait ressembler la fusion PSA/Fiat Chrysler

Ce mardi, les deux constructeurs ont confirmé des "discussions" pour créer un géant mondial de l'automobile. Selon nos informations, l'annonce officielle devrait être faite ce jeudi.

PSA cachait bien son jeu. Voilà près d'un an que l'on évoque un rapprochement entre le constructeur français et l'italo-américain Fiat-Chrysler (FCA). Les discussions, qui n'avaient jamais été confirmées, auraient d'ailleurs pu s'arrêter à ces prémices lorsque Renault s'est rapproché à son tour de FCA. Mais l'échec cuisant de cette fusion a bel et bien rouvert le dossier.

Ce mercredi, FCA puis PSA ont, tour à tour confirmé l'information. "Groupe PSA confirme que des discussions sont en cours en vue de créer l'un des principaux groupes automobiles mondiaux", a indiqué le constructeur français dans un communiqué, confirmant l'information révélé la veille par le Wall Street Journal.

Le quotidien économique américain révélait que PSA (Peugeot, Citroën, DS, Vauxhall et Opel) était donc en discussion avec le groupe italo-américain (Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Maserati, Ferrari, Abarth, Chrysler, Dodge, Jeep) pour un éventuel rapprochement.

Ce mercredi soir, le conseil de surveillance de PSA a donné le feu vert à son président du directoire Carlos Tavares pour conduire ce projet de rapprochement, avance Reuters.

Tavares et Elkann à la tête du nouvel ensemble

Selon nos informations, les deux groupes devraient ainsi annoncer, ce jeudi, un protocole d'accord, qui n'a encore rien de définitif. Ils se donnent ainsi quelques semaines pour finaliser le projet de rapprochement. 

Concrètement, Carlos Tavares, le président du directoire de Peugeot, serait nommé directeur général de la future entité, tandis que John Elkann, président de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) en deviendrait le président. Et pour s'assurer du soutien des Etats français et italien, les deux groupes devraient s'engager à ne procéder à aucune fermeture de sites ni à des suppressions d’emplois dans les deux pays.

Une telle fusion créerait un géant de l'automobile pesant pas moins de 50 milliards de dollars. Selon nos informations, l'option privilégiée serait celle d'une fusion à parité par échanges d’actions. Ainsi, la famille Agnelli deviendrait le premier actionnaire de la nouvelle entité à hauteur de 15%, la famille Peugeot et la BPI seraient environ 6% chacun, aux côtés des chinois de Dongfeng.

Selon Reuters, le schéma proposé prévoit un dividende spécial de 5,5 milliards d'euros pour les actionnaires de FCA. PSA se désengagerait de son côté de Faurecia pour environ 3 milliards d'euros. La nouvelle entité prévoirait un conseil d'administration de 11 membres, six issus de PSA et cinq de FCA.

En septembre dernier, sur BFM Business, Robert Peugeot, PDG de FFP, holding actionnaire de référence de PSA, avait pourtant été catégorique. "Bien sûr que je les connais (les Agnelli, NDLR). Mais actuellement il n'y a pas non plus de discussions entre FCA et PSA". Ni même de négociations discrètes entre les Peugeot et les Agnelli? "Non. Actuellement, non," tranchait l'intéressé.

Recul du marché mondial

Au troisième trimestre, PSA a dévoilé un chiffre d'affaires en hausse de 1%, à 15,6 milliards d'euros, malgré un recul de 5,9% de ses livraisons mondiales en volumes, à 674.000 véhicules sur la période.

Le groupe s'attend toujours un recul de 1% du marché automobile en Europe en 2019, de 5% en Amérique latine et de 2% en Russie. Le recul du marché mondial de l'automobile, qui frappe l'essentiel des constructeurs, incite ces derniers à chercher des leviers pour baisser leurs coûts, et à créer des synergies dans l'électrique d'où ces scénarios de fusion. 

PSA a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 74 milliards d'euros et FCA de 110 milliards. A la Bourse, le groupe français pèse plus lourd, avec une capitalisation de 22 milliards d'euros contre 18 milliards pour le groupe italo-américain.

Olivier Chicheportiche